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Actualités - Chronologie

Eltsine charge Koulik de sauver le secteur agroalimentaire

Un nouveau vice-premier ministre, Guennadi Koulik, député du Parti agraire, a été nommé hier par le président Boris Eltsine pour prendre en charge le redressement de l’agriculture et de l’industrie agro-alimentaire russes sinistrées. Le dossier agricole est depuis plusieurs années attribué à un membre du Parti agraire, proche des communistes, qui défend en particulier les grandes exploitations coopératives et se refuse à reconnaître le droit à la vente de la terre. Le nouveau responsable, 63 ans, ancien ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de la Russie en 1990-1991, s’est déclaré immédiatement favorable au maintien de toutes les formes d’exploitation dans la campagne russe: coopératives, fermes privées, petites exploitations individuelles… «Ce qui est important pour la campagne», ce n’est pas la forme de la propriété, «c’est que la Russie puisse approvisionner de façon maximale la population avec ses propres produits alimentaires», a souligné M. Koulik. L’agroalimentaire russe est aujourd’hui désorganisé. Les réseaux de distribution se sont écroulés avec l’URSS, le matériel s’est délabré sans être remplacé, le cheptel a été décimé (-40% à 50% depuis 1991). En 1991, le ministère des céréales russe produisait 38 millions de tonnes de fourrage, l’an dernier à peine 6 MT (millions de tonnes) ont suffit pour nourrir le bétail et les porcs. Et aujourd’hui, environ 50% des produits alimentaires consommés en Russie sont importés. Sur les 7 premiers mois de 1998, la production agroalimentaire a continué à s’effondrer, perdant 3% par rapport à la même période de 1997. La production de viande a diminué de 2%, celle de lait de 1,6%, les œufs sont en baisse de 2,8%. La récolte de céréales cette année ne devrait pas dépasser 55 MT, soit son plus bas niveau depuis 1957. En 1990, elle avait dépassé les 115 MT. Les campagnes ont fortement souffert des conditions météorologiques cette année: dans 40 régions du pays (sur 89), la récolte a presque entièrement «brûlé» à cause de la sécheresse. Et la Russie, qui a pourtant conservé d’importants stocks de 1997 (20 MT) et a moitié moins de bétail à nourrir, pourrait être contrainte d’importer une petite quantité de blé (environ 2 MT, selon le ministère de l’Agriculture). Selon M. Koulik, il n’y a toutefois pas de nécessité d’acheter de grandes quantités à l’étranger: le blé national suffira pour ravitailler la population, pour le reste, la Russie s’adressera au Kazakhstan et à l’Ukraine, a-t-il indiqué, cité par Interfax. La crise financière risque toutefois de rendre très aléatoires les transferts d’une région à l’autre, et certaines régions russes pourraient se trouver totalement isolées cet hiver. «La crise bloque tous les transferts bancaires, nous empêche de transporter le blé d’une région à une autre, la paralysie est totale. Sans décision concrète, sans mesures administratives, ce peut être la catastrophe dans certaines régions cette année», racontait dernièrement Léonid Tchechinski, président de la société Roskhleboprodukt, grosse société privée issue du ministère des céréales. M. Koulik connaît le dossier. Il «a arpenté la campagne en long et en large. Nous nous sommes retrouvés sur toutes sortes de carrefours, sur le bitume et dans la boue», a déclaré le président Eltsine en annonçant la nomination de ce diplômé de l’Institut de Léningrad, qui a fait toute sa carrière dans le secteur agricole. (AFP)
Un nouveau vice-premier ministre, Guennadi Koulik, député du Parti agraire, a été nommé hier par le président Boris Eltsine pour prendre en charge le redressement de l’agriculture et de l’industrie agro-alimentaire russes sinistrées. Le dossier agricole est depuis plusieurs années attribué à un membre du Parti agraire, proche des communistes, qui défend en particulier les grandes exploitations coopératives et se refuse à reconnaître le droit à la vente de la terre. Le nouveau responsable, 63 ans, ancien ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de la Russie en 1990-1991, s’est déclaré immédiatement favorable au maintien de toutes les formes d’exploitation dans la campagne russe: coopératives, fermes privées, petites exploitations individuelles… «Ce qui est important pour la campagne», ce n’est...