Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La presse russe crie à la censure (photo)

Les médias russes ont accusé Evgueni Primakov de préparer la censure, obligeant le nouveau premier ministre, ancien patron des services secrets, à réaffirmer publiquement son attachement à la liberté de la presse. Quelques lignes publiées mercredi par les agences russes ont mis le feu aux poudres: le premier ministre a ordonné aux chefs des départements gouvernementaux de ne plus donner d’informations aux journalistes, sans autorisation préalable, tant que le cabinet ne sera pas formé. La presse nationale, encore traumatisée par l’époque soviétique quand elle n’avait accès à aucune information autre qu’officielle, s’est indignée de ce qu’elle est quasi-uanime à qualifier de «censure». A tel point que M. Primakov a fait publier un communiqué dans lequel il affirme qu’«il n’y a absolument aucune raison d’évoquer la question» de la censure de la presse. «J’ai été et je reste l’avocat ferme de la liberté et de l’indépendance des médias. Nous considérons que le travail du cabinet des ministres doit être au maximum ouvert à la société», ajoute le premier ministre, qui annonce son intention d’accorder régulièrement des interviews mais pas au cours de ses premiers jours à la tête du gouvernement. La directive, même tempérée par le communiqué de M. Primakov, continue de susciter de vives inquiétudes. «Quand M. Primakov est arrivé à la tête du ministère des Affaires étrangères (en janvier 1996), il a commencé par filtrer l’information. Il n’a pas changé ses manières en arrivant à la Maison blanche», siège du gouvernement, souligne le quotidien financier «Kommersant». Des espions La presse russe estime d’une seule voix que le nouveau premier ministre, investi vendredi dernier, a l’intention de réduire les rapports entre les journalistes et le gouvernement au strict minimum. Cette interdiction «signifie que nous n’aurons plus le droit d’appeler nos sources au gouvernement ou de nous balader dans les couloirs de la Maison blanche», estime le rédacteur en chef de l’hebdomadaire «Itogui», Sergueï Parkhomenko. «Quant à l’autorisation, elle ne sera fournie qu’au journaliste qui aura écrit un article sage sur le gouvernement», poursuit M. Parkhomenko. Pour le rédacteur en chef de la radio «Echo de Moscou», Alexeï Venediktov, cette décision ne permettra plus à la société civile de participer aux débats d’intérêt national. «De la même façon que nous n’avons rien su des pourparlers avec l’ONU ou sur le Kosovo, nous aurons dorénavant droit à des décisions sans explication, sans savoir comment elles ont été prises, quels ont été les débats, les choix, les différences de vue», entre réformateurs et communistes, prédit M. Venediktov. S’il comprend la volonté de M. Primakov de mettre fin «au flot d’informations non vérifiées, attribuées à des «sources à la Maison blanche», qui ont renforcé la nervosité dans la société», le directeur de l’information de la télévision NTV, Oleg Dobrodeïev, s’interroge sur la situation après la formation du gouvernement. Les journalistes craignent en effet que cette directive dure après l’annonce de la composition finale au cabinet, attendue avant la fin de la semaine. Et tous mettent déjà en garde contre les conséquences à venir. «Toute l’information (sur le gouvernement) va se baser sur des rumeurs», prévient le rédacteur en chef de «Kommersant-hebdo», Vladislav Borodouline. «Puisque M. Primakov veut faire du gouvernement un service spécial, mes journalistes vont travailler comme des espions», avertit M. Venediktov. Les médias se sont émus d’autant plus que, télévisés ou écrits, ils ont été touchés de plein fouet par la crise financière qui a entraîné une réduction des recettes publicitaires, impliquant déjà des fermetures ou fusions de journaux, la diminution des volumes publiés, tandis que des télévisions s’apprêtent à réduire leurs heures de diffusion. (AFP)
Les médias russes ont accusé Evgueni Primakov de préparer la censure, obligeant le nouveau premier ministre, ancien patron des services secrets, à réaffirmer publiquement son attachement à la liberté de la presse. Quelques lignes publiées mercredi par les agences russes ont mis le feu aux poudres: le premier ministre a ordonné aux chefs des départements gouvernementaux de ne plus donner d’informations aux journalistes, sans autorisation préalable, tant que le cabinet ne sera pas formé. La presse nationale, encore traumatisée par l’époque soviétique quand elle n’avait accès à aucune information autre qu’officielle, s’est indignée de ce qu’elle est quasi-uanime à qualifier de «censure». A tel point que M. Primakov a fait publier un communiqué dans lequel il affirme qu’«il n’y a absolument aucune...