Régulièrement aux prises avec un flux d’immigration clandestine, l’Italie a décidé de régulariser la situation d’environ 60.000 immigrés clandestins d’ici la fin de l’année. Le président du Conseil, Romano Prodi, vient de demander au Parlement d’examiner avec une «extrême urgence» un plan de régularisation de 38.000 immigrés supplémentaires par rapport aux 20.000 régularisations initialement prévues cette année. Malgré un taux de chômage de 12,5%, l’Italie demeure confrontée à un besoin de main-d’œuvre, notamment pour les petites entreprises et les travaux saisonniers. Le gouvernement espère aussi que ce nouveau plan de régularisation permettra d’enrayer le travail au noir. D’autre part, des démographes ont souligné que si la population italienne a légèrement augmenté en 1997, c’est seulement grâce au nombre des enfants issus des familles d’immigrés. En mars dernier, le Parlement a adopté un texte se voulant «équilibré» sur l’immigration. D’un côté, la loi prévoit plus de sévérité envers les clandestins et, de l’autre, elle cherche à favoriser l’insertion des quelque 1,1 million d’immigrés en situation régulière. Pour eux, il est prévu l’acquisition de la citoyenneté, l’accès à l’assurance-maladie, l’école pour les enfants. Le droit de vote aux élections locales demeure à l’étude. Souvent dénoncée comme un «pays passoire» par ses partenaires européens, l’Italie, membre de l’espace Schengen depuis le 31 mars, a pris des mesures sévères à l’encontre des clandestins qui débarquent de façon quasi continuelle le long de ses 7.430 km de côtes. La droite dénonce la «capitulation» Avant l’adoption de la loi-cadre sur l’immigration de mars 1998, les clandestins interpellés recevaient un avis d’expulsion, mais disposaient de quinze jours pour quitter le territoire italien. Soumis à aucun contrôle, la plupart profitaient de ce délai pour disparaître dans la nature. Désormais, les clandestins appréhendés sont placés dans des centres de rétention, surveillés par la police, et expulsés dans un délai maximal de trente jours. Tout au long de l’été, des incidents ont été signalés dans ces centres, mais le système, jugé efficace par les autorités italiennes, sera maintenu. Le ministère de l’Intérieur souligne qu’en 1997, un peu plus de 3.500 personnes avaient été renvoyées dans leur pays, et que, depuis l’adoption de la nouvelle loi, 15.000 candidats à l’immigration ont été refoulés. Le gouvernement a conclu des accords de rapatriement avec l’Albanie, le Maroc et la Tunisie. Les ressortissants de ces pays seront privilégiés pour la régularisation souhaitée par le gouvernement. Ainsi, 1.500 Albanais qui avaient volontairement accepté ces quatre derniers mois d’être rapatriés après avoir été interpellés en Italie seront accueillis dans le cadre du plan de régularisation. La régularisation d’environ 60.000 immigrés intervient un peu plus d’un an après celle de 230.000 autres clandestins. «Nous pouvons accueillir des dizaines de milliers d’immigrés avec leur famille, mais nous serons fermes face aux clandestins», a récemment résumé le ministre de l’Intérieur Giorgio Napolitano qui a souhaité qu’«en Italie aussi, la question de l’immigration ne soit plus vécue comme une urgence, mais comme un phénomène permanent qu’il faut affronter». Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les clandestins présents en Italie sont estimés à 295.000. La droite a dénoncé la «capitulation» du gouvernement. Refondation communiste (marxiste) et l’organisation caritative catholique Caritas ont plaidé pour une régularisation de tous les clandestins. Jusqu’à présent, la question de l’immigration n’a pas envenimé la vie politique italienne mais, ces derniers mois, plusieurs incidents entre «extra-communautaires» (ressortissants de pays non membres de l’UE) et des Italiens se sont produits, notamment dans des quartiers sensibles à Milan et Turin (nord). (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Régulièrement aux prises avec un flux d’immigration clandestine, l’Italie a décidé de régulariser la situation d’environ 60.000 immigrés clandestins d’ici la fin de l’année. Le président du Conseil, Romano Prodi, vient de demander au Parlement d’examiner avec une «extrême urgence» un plan de régularisation de 38.000 immigrés supplémentaires par rapport aux 20.000 régularisations initialement prévues cette année. Malgré un taux de chômage de 12,5%, l’Italie demeure confrontée à un besoin de main-d’œuvre, notamment pour les petites entreprises et les travaux saisonniers. Le gouvernement espère aussi que ce nouveau plan de régularisation permettra d’enrayer le travail au noir. D’autre part, des démographes ont souligné que si la population italienne a légèrement augmenté en 1997, c’est...