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Actualités - Chronologie

Activité diplomatique pour tenter de résoudre la crise Iran-taliban

Une intense activité diplomatique est en cours depuis quarante-huit heures pour trouver une issue à la crise entre l’Iran et les taliban et qui risque à tout moment de déraper vers une véritable guerre. Pendant que Téhéran continue de concentrer des troupes aux abords de sa frontière avec l’Afghanistan (dont le chiffre atteint depuis jeudi 200.000 hommes), les préparatifs se poursuivent en prévision d’une réunion internationale inédite appelée à se pencher sur cette question. La réunion doit se tenir lundi à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle groupera les chefs de la diplomatie des pays concernés (Iran, Afghanistan), ainsi que le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright, un délégué russe et les représentants des pays limitrophes de l’Afghanistan: Pakistan, Chine, Ouzbekistan, Turkménistan, Tadjikistan. Mais les médias et les officiels iraniens n’avaient toujours pas confirmé jeudi la participation de Téhéran à cette réunion, qui constituerait, indépendamment de la crise afghane, la plus importante occasion de rencontre irano-américaine depuis la rupture des relations diplomatiques en 1980. Khatami à l’ONU Le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, très actif auprès des Nations Unies depuis plusieurs semaines, avait assuré mercredi que son pays voulait épuiser «toutes les voies politiques» avant de faire parler les armes contre les taliban. La tension reste très vive entre l’Iran et les taliban après le meurtre de huit diplomates et d’un journaliste iraniens par la milice fondamentaliste, au début du mois d’août, et les deux parties ont déployé d’importantes forces militaires le long de leur frontière commune. La rencontre de New York se tiendrait alors que le président iranien Mohammed Khatami, partisan d’une ligne de détente sur le plan international, doit prononcer le jour même un discours très attendu devant l’Assemblée générale de l’ONU. Elle surviendrait alors que Téhéran et Washington ont amorcé depuis le début de l’année une politique de rapprochement par «petits pas», en dépit de vives résistances politiques internes, en Iran comme aux Etats-Unis. En attendant, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Sartaj Aziz, dont le pays est violemment mis en cause par l’Iran pour son soutien aux taliban, est arrivé à Téhéran pour tenter d’apaiser les tensions. Le numéro un du régime iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a ouvertement accusé l’armée pakistanaise d’ingérence en Afghanistan, et l’aviation de ce pays d’avoir appuyé l’offensive des taliban contre l’opposition chiite afghane pro-iranienne dans la région de Bamyan (centre de l’Afghanistan). Le ressentiment iranien est également alimenté par le témoignage, mercredi, d’un diplomate iranien rescapé du massacre perpétré par les taliban dans le consulat d’Iran à Mazar-i-Sharif (nord de l’Afghanistan) début août. «Parmi le groupe de miliciens taliban ayant attaqué le consulat figurait un Pakistanais», a affirmé le diplomate, M. Allahdad Shahsavan Qara-Hosseini, à la télévision d’Etat, relatant le massacre à l’arme automatique dans les sous-sols du consulat. Les allégations d’une implication de l’armée pakistanaise aux côtés des taliban relèvent de la «désinformation» et sont «une invention des ennemis de l’amitié pakistano-iranienne», a souligné le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Sur le plan militaire, l’Iran continuait de concentrer des troupes aux abords de sa frontière avec l’Afghanistan afin de maintenir la pression sur les taliban. Des manœuvres rassemblant quelque 200.000 hommes de l’armée régulière y sont prévues dans les prochains jours. Neuf divisions de l’armée de terre font actuellement mouvement vers la frontière, en plus de deux divisions d’infanterie et une de blindés déjà sur place. L’ensemble des troupes devrait être sur place d’ici samedi. Quelque 70.000 hommes du corps des gardiens de la Révolution sont également à pied d’œuvre depuis plusieurs semaines à proximité de la frontière. (AFP)
Une intense activité diplomatique est en cours depuis quarante-huit heures pour trouver une issue à la crise entre l’Iran et les taliban et qui risque à tout moment de déraper vers une véritable guerre. Pendant que Téhéran continue de concentrer des troupes aux abords de sa frontière avec l’Afghanistan (dont le chiffre atteint depuis jeudi 200.000 hommes), les préparatifs se poursuivent en prévision d’une réunion internationale inédite appelée à se pencher sur cette question. La réunion doit se tenir lundi à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle groupera les chefs de la diplomatie des pays concernés (Iran, Afghanistan), ainsi que le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright, un délégué russe et les représentants des pays limitrophes de l’Afghanistan:...