Un statut pour les océans, réclame une commission de l'UNESCO
le 18 septembre 1998 à 00h00
«La meilleure façon de protéger les océans, c’est de leur fournir un statut pour qu’ils soient respectés et de l’argent pour qu’ils soient observés», affirme le Pr Patricio Bernal, qui dirige la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO. «C’est très simple, nous ne vivons pas dans les océans. Nous avons les pieds sur terre, un peu trop même», a expliqué l’océanologue chilien, en marge de la conférence internationale sur la crise des océans qui se tient actuellement à Lisbonne, organisée par le Fonds mondial pour la nature (WWF). «Nous ne sommes conscients ni de l’énorme pression que nous exerçons sur les océans ni de leur rôle sur notre vie. Voilà pourquoi il y a beaucoup d’argent pour observer l’atmosphère et si peu pour les océans, alors qu’ils jouent un rôle crucial», explique-t-il, regrettant l’absence d’accord international pour les océans comparable à celui de la météo. «L’argent est la clé», dit-il. L’océanologue cite en exemple la question des courants océaniques et des changements qui risquent d’intervenir sous l’effet du réchauffement climatique: «Il faudra de années pour que cela change mais lorsqu’on s’en apercevra, il sera trop tard. Nous savons qu’il y a un réchauffement, mais nous n’en connaissons pas tous les mécanismes», précise le Pr Bernal. Effet de serre «Nous savons aussi que la circulation est rapide en surface et lente dans les eaux profondes. Ce système pourrait piéger le gaz carbonique (CO2), réguler ses émissions et ralentir l’effet de serre. Mais cela peut avoir l’effet inverse. On n’en sait rien. Bien des questions restent sans réponses à propos des modifications induites par les changements climatiques. Le rôle que joueront l’Arctique et l’Antarctique sera lui aussi capital». «Nous nous servons des océans et nous en tirons des bénéfices mais sans réinvestir. Or, la mer n’est pas gratuite. Rien n’est gratuit. Nous dépendons de la nature et nous en sommes partie intégrante. Il n’y a que très peu de temps que nous étudions la planète et encore moins longtemps que nous la regardons comme un tout. Mais maintenant, il y a des problèmes à l’échelle planétaire», ajoute le chercheur. «Tout cela montre à quel point il est absolument nécessaire d’en savoir plus sur les océans», en déduit le Pr Bernal. Selon lui, des progrès considérables ont déjà été faits grâce à l’observation par satellite. Mais ce n’est pas assez. La clé, c’est le développement du Système mondial d’observation de l’océan (GOOS), «un instrument indispensable si on veut arriver un jour à déceler et à prévoir les effets des changements climatiques et à adapter nos activités en conséquence». Un Système mondial intégré sur les océans (IGOS) doit aussi coordonner les échanges de données, grâce à une centaine de sondes placées sur des flotteurs ou des navires et reliées à des satellites pour mesure l’évolution de la température de surface et en profondeur. Mais le projet tarde à se mettre en place faute de financement suffisant (quelques millions de dollars). Créée en 1960, la COI coordonne aussi un programme scientifique (étude des pollutions, des écosystèmes et de l’impact des substances chimiques). (AFP)
«La meilleure façon de protéger les océans, c’est de leur fournir un statut pour qu’ils soient respectés et de l’argent pour qu’ils soient observés», affirme le Pr Patricio Bernal, qui dirige la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO. «C’est très simple, nous ne vivons pas dans les océans. Nous avons les pieds sur terre, un peu trop même», a expliqué l’océanologue chilien, en marge de la conférence internationale sur la crise des océans qui se tient actuellement à Lisbonne, organisée par le Fonds mondial pour la nature (WWF). «Nous ne sommes conscients ni de l’énorme pression que nous exerçons sur les océans ni de leur rôle sur notre vie. Voilà pourquoi il y a beaucoup d’argent pour observer l’atmosphère et si peu pour les océans, alors qu’ils jouent un rôle...
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