Les plus graves inondations que le Bangladesh aient connues continuent de reculer mais une grave épidémie de diarrhée s’étend toujours parmi les quelque 30 millions d’habitants touchés par la catastrophe. Le bilan de deux mois d’inondations dues à des pluies torrentielles de mousson s’élève à 950 morts, dont 200 victimes de diarrhée, maladie propagée par l’eau marécageuse qui a envahi les deux tiers du pays et 70% de la capitale Dacca, peuplée de 9 millions d’habitants. Le niveau des principaux fleuves et rivières du pays a continué de baisser, notamment celui des quatre fleuves entourant la capitale qui est cependant encore au-dessus de la cote d’alerte, selon les autorités, qui prévoient que Dacca pourrait revenir à sec dans une semaine. La situation s’est améliorée ou est revenue à la normale dans plusieurs autres régions, dont le port de Chittagong (sud), deuxième ville du pays. Au total, 52 des 64 districts du Bangladesh, pays de 126 millions d’habitants parmi les plus pauvres du monde, victime régulière de catastrophes naturelles, ont été affectés par ces inondations, qui ont détruit des centaines de milliers d’hectares de récoltes. Des responsables de la santé publique ont fait état d’une situation sanitaire préoccupante dans le centre et le nord du pays. 10.784 nouveaux cas de diarrhée, et 14 morts de cette maladie, ont été rapportés au cours des dernières 24 heures, a indiqué un responsable sanitaire. Près de 230.000 cas au total ont été enregistrés. Le premier ministre, Sheikha Hasina Wajed, avait indiqué que toutes les capacités médicales du pays avaient été mobilisées pour empêcher une catastrophe sanitaire. Le train de vie du gouvernement a été réduit pour contribuer à relever le pays. L’opposition a cependant accusé le gouvernement de Mme Wajed de ne pas faire assez et a appelé à une intensification des secours. Famine silencieuse «Le Bangladesh fait face à une famine silencieuse. Le gouvernement ne semble pas concerné», a affirmé le principal chef de file de l’opposition et ancien premier ministre, Khaleda Zia, rivale de Mme Wajed. Des experts de l’ONU avaient estimé, la semaine dernière, que jusqu’à 20 millions de personnes pourraient mourir de faim et d’épidémies si un vaste programme d’aide internationale n’était pas lancé. Le Bangladesh a demandé une aide internationale médicale et alimentaire de 879 millions de dollars et Mme Wajed a indiqué que la réponse avait été «positive» et se poursuivait. Pays dont le PNB par tête d’habitant n’est que de 226 dollars, le Bangladesh devra faire face cette année, en raison des inondations, à un déficit de deux millions de tonnes de vivres et doit compter sur des importations massives pour attendre les récoltes de janvier prochain. Les inondations ont détruit des récoltes de 780.000 tonnes de riz, ainsi que nombre d’infrastructures: 16.000 km de route, 6.000 ponts, 13.500 écoles, et 4.343 de digues. «Nous l’emporterons. Nous reconstruirons nos infrastructures», a déclaré Mme Wajed, qui a annoncé un vaste plan de construction de digues et de barrages. Le bilan global de ces inondations ne pourra être établi que quand l’eau se sera complètement retirée, mais des économistes prévoient que les dégâts pourraient atteindre 3,4 milliards de dollars, soit 10% du produit intérieur brut. (AFP)
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