Il y a cinquante ans, le 17 septembre 1948, le comte Folke Bernadotte, représentant suédois de l’ONU en Palestine, était abattu par une rafale de pistolet-mitrailleur dans la poitrine à Jérusalem. Son exécution par le groupe terroriste juif Stern — devenu par la suite le Lohamei Herouth Israël ou Lehi, les combattants pour la liberté d’Israël — fut sans doute ordonné par l’un de ses chefs, Yitzhak Shamir, qui devint premier ministre à trois reprises. «Shamir et son organisation d’extrême-droite Lehi ont porté un jugement défavorable sur le rôle et la puissance de médiateur du comte Bernadotte, et décidèrent d’éliminer ce «gêneur» suédois», écrit le journaliste suédois Thomas Hoejeberg, un des grands experts des relations suédo-israéliennes. Le comte Bernadotte était le premier médiateur de l’ONU au Moyen-Orient et avait été chargé de trouver les moyens d’apaiser les violences qui marquaient la création de l’Etat d’Israël — proclamé le 14 mai 1948 —, contestée par les Arabes de Palestine, forcés à l’exil, et par les pays arabes voisins. L’assassin du comte Bernadotte, Yehoshua Cohen, fut ultérieurement chargé de la sécurité personnelle du premier ministre israélien David Ben Gourion. Selon M. Hoejeberg, «il aura fallu attendre 47 ans pour que l’Etat d’Israël condamne officiellement le meurtre du comte Bernadotte, cela par la voix du ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Pérès, alors que Yitzhak Shamir, chef de la coalition de droite Likoud, n’a jamais fait de commentaire à ce sujet». Le comte Folke Bernadotte, qui avait 54 ans lorsqu’il fut tué, était un des descendants du maréchal de France Jean-Baptiste Bernadotte (1764-1844), devenu roi de Suède en 1818. Proche de la famille royale suédoise, Folke Bernadotte fut officier au régiment de dragons de la garde royale à Stockholm, avant d’être élu vice-président de la Croix-Rouge suédoise. Cette position lui a permis d’organiser un échange de prisonniers entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne à Goeteborg (sud-ouest) en 1942. Alors que la guerre touchait à sa fin, il était également entré en contact avec le ministre de l’Intérieur du IIIe Reich allemand, Heinrich Himmler, pour organiser des convois d’autobus afin d’évacuer des prisonniers scandinaves et juifs de camps de concentration nazis. Ses actions pendant la guerre le désignèrent à l’attention de l’ONU pour une mission de médiateur au Moyen-Orient, une région dont il connaissait peu de choses, si ce n’est ce qu’il en avait lu dans la Bible. Ce manque d’information lui faisait parfois commettre des maladresses avec ses interlocuteurs arabes et israéliens, mais «on ne pouvait pas lui en faire le reproche, car ses projets étaient toujours positifs», écrit M. Hoejeberg. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a cinquante ans, le 17 septembre 1948, le comte Folke Bernadotte, représentant suédois de l’ONU en Palestine, était abattu par une rafale de pistolet-mitrailleur dans la poitrine à Jérusalem. Son exécution par le groupe terroriste juif Stern — devenu par la suite le Lohamei Herouth Israël ou Lehi, les combattants pour la liberté d’Israël — fut sans doute ordonné par l’un de ses chefs, Yitzhak Shamir, qui devint premier ministre à trois reprises. «Shamir et son organisation d’extrême-droite Lehi ont porté un jugement défavorable sur le rôle et la puissance de médiateur du comte Bernadotte, et décidèrent d’éliminer ce «gêneur» suédois», écrit le journaliste suédois Thomas Hoejeberg, un des grands experts des relations suédo-israéliennes. Le comte Bernadotte était le premier médiateur de...