Les institutions internationales, une bonne affaire pour les belges
le 17 septembre 1998 à 00h00
La présence des institutions européennes à Bruxelles, souvent critiquée par les locaux pour les hausses de loyers qu’elle implique, est une excellente affaire pour l’emploi et le commerce. «Le résultat peut être qualifié de très satisfaisant», a déclaré le ministre de l’Economie de la région bruxelloise, Jos Chabert, en présentant une étude sur le sujet. En 1998, cette présence européenne a fourni 62.000 emplois à Bruxelles, dont 20.000 fonctionnaires de l’UE, 12.000 personnes liées à ses activités, notamment dans les ambassades auprès de l’Union, et 9.000 salariés des 1.400 associations présentes. Leurs dépenses sont estimées pour 1998 à 217 milliards de francs belges (6,2 milliards de dollars), dont 172 milliards restent en Belgique, un chiffre en nette augmentation. Les autres institutions internationales, dont l’OTAN et l’UEO emploient quant à elles directement 4.300 personnes, qui dépensent quelque 15 milliards de francs belges par an. En 1998, 10% de l’emploi bruxellois et 13% du produit régional bruxellois peuvent être attribués à l’Europe, qui loue ou possède 13% de l’espace de bureau bruxellois. Malgré ces indéniables avantages, les Bruxellois ne font guère preuve d’enthousiasme envers les «eurocrates». Ils accusent ces très hauts salaires — en moyenne, ils gagnent trois fois plus que les Belges pour un travail égal — de pousser les loyers à la hausse et de contribuer à l’engorgement d’une ville où le trafic était il y a peu encore fluide. Jos Chabert reconnaît partiellement la réalité du problème en reprochant notamment aux fonctionnaires européens, qui disposent presque tous d’une place de parking dans l’immeuble où ils travaillent, de ne pas faire usage des transports en commun. Il souligne également que les autorités bruxelloises sont en conflit avec la Commission européenne pour son extension. Les premières veulent installer les eurocrates près des gares pour cicatriser un tissu urbain ravagé par la spéculation dans les années 1970 et 1980 et limiter la congestion, alors que l’Europe lorgne vers un quartier résidentiel. Mais les loyers restent modestes à Bruxelles en comparaison des autres capitales européennes et, selon Jos Chabert, le principal problème est l’appauvrissement constant de la région bruxelloise, où la criminalité et le chômage croissent avec le départ des Belges les plus aisés vers la banlieue verte. «Le problème majeur pour Bruxelles réside dans la dualisation croissante de la société», a-t-il dit. (Reuters)
La présence des institutions européennes à Bruxelles, souvent critiquée par les locaux pour les hausses de loyers qu’elle implique, est une excellente affaire pour l’emploi et le commerce. «Le résultat peut être qualifié de très satisfaisant», a déclaré le ministre de l’Economie de la région bruxelloise, Jos Chabert, en présentant une étude sur le sujet. En 1998, cette présence européenne a fourni 62.000 emplois à Bruxelles, dont 20.000 fonctionnaires de l’UE, 12.000 personnes liées à ses activités, notamment dans les ambassades auprès de l’Union, et 9.000 salariés des 1.400 associations présentes. Leurs dépenses sont estimées pour 1998 à 217 milliards de francs belges (6,2 milliards de dollars), dont 172 milliards restent en Belgique, un chiffre en nette augmentation. Les autres institutions...
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