Après l’échec des projets unionistes arabes, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se dit déçu par le «défaitisme» des Arabes et préfère arrimer son pays au continent africain. «J’ai tout essayé et consenti tant de sacrifices, mais les Arabes, atteints par le défaitisme et l’humiliation, ne veulent pas la liberté et la dignité, et sont incapables de faire face aux Etats-Unis et à Israël», a lancé la semaine dernière le colonel Kadhafi. Selon lui, «tous les malheurs de la Libye sont dus à (son soutien aux causes) arabes». Trois jours avant une réunion de la Ligue arabe au Caire, la Libye avait annoncé la suppression du ministère de l’Unité arabe, «conformément» à sa volonté de conforter «son appartenance au continent africain». La dernière activité du ministre de l’Unité, Jomaa Fezzani, est de participer à la réunion des chefs de diplomatie arabes qui devaient réitérer l’appel à l’ONU pour la levée des sanctions imposées à la Libye, selon le projet de résolution de cette session. Le secrétaire général de la Ligue arabe Esmat Abdel Méguid déploie depuis trois ans des efforts soutenus pour briser l’isolement international de Tripoli et lever l’embargo qui lui est imposé depuis 1992. Cela ne satisfait pas le colonel Kadhafi qui a durement fustigé ces deux dernières semaines ses homologues arabes, leur reprochant de n’avoir pas «osé, à l’instar de six chefs d’Etat africains», violer l’embargo international contre la Libye. Dans l’une de ses interventions, il a affirmé n’avoir «récolté des Arabes que des problèmes et des souffrances» et n’être «plus disposé à courir derrière un mirage». Quatorze accords d’union avec des Etats arabes ont été signés depuis l’arrivée au pouvoir en 1969 du colonel Kadhafi, avec l’Egypte, le Soudan, la Tunisie, le Maroc, la Syrie, l’Irak ou l’Algérie, et dont le numéro un libyen attribue l’échec à ses partenaires. Quelques jours avant la décision de supprimer le ministère de l’Unité qui séparait les relations arabes du ministère des Affaires étrangères, M. Kadhafi a déclaré «se retrancher dorénavant derrière l’Afrique, un continent grand et fort, pour s’opposer à l’Amérique». «Je ne chercherai pas la protection des Arabes qui finiront comme les Kurdes et les gitans», a-t-il lancé, en se félicitant que «les Africains aient osé violer l’embargo». Les chefs d’Etat africains, venus par avion, appliquaient une décision prise par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à Ouagadougou en juin, d’une levée partielle et unilatérale de l’embargo aérien contre la Libye, à partir du 1er septembre. Pour illustrer le revirement libyen, la télévision officielle a remplacé «la carte du monde arabe», devant laquelle se tenait le présentateur par celle du seul continent africain. Le dirigeant libyen a souligné que son pays comptait jouer un rôle important dans l’unité africaine et le développement du continent par l’exploitation de toutes ses ressources. En mai 1997, une communauté des Etats sahélo-sahariens (COMESSA) avait vu le jour en Libye, à laquelle se sont joints le Mali, le Niger, le Tchad, le Soudan et le Burkina. Ce groupe a déjà tenté plusieurs médiations dans les conflits inter-africains. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après l’échec des projets unionistes arabes, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se dit déçu par le «défaitisme» des Arabes et préfère arrimer son pays au continent africain. «J’ai tout essayé et consenti tant de sacrifices, mais les Arabes, atteints par le défaitisme et l’humiliation, ne veulent pas la liberté et la dignité, et sont incapables de faire face aux Etats-Unis et à Israël», a lancé la semaine dernière le colonel Kadhafi. Selon lui, «tous les malheurs de la Libye sont dus à (son soutien aux causes) arabes». Trois jours avant une réunion de la Ligue arabe au Caire, la Libye avait annoncé la suppression du ministère de l’Unité arabe, «conformément» à sa volonté de conforter «son appartenance au continent africain». La dernière activité du ministre de l’Unité, Jomaa Fezzani, est de...