L’impasse politique dure depuis près d’un mois au Japon entre majorité et opposition sur l’assainissement du secteur bancaire nippon, mettant en lumière la fragilité du gouvernement du premier ministre Keizo Obuchi à quelques jours d’un sommet avec le président Bill Clinton. TOKYO Alors que les clignotants de l’économie japonaise sont tous au rouge, les grands partenaires du Japon se succèdent pour souligner à quel point la reprise japonaise est la clé du redémarrage de la croissance mondiale. Le dernier à le dire a été le président américain lundi. Or, au Parlement à Tokyo, le spectacle reste celui d’un débat interminable entre les élus de l’opposition et du Parti libéral-démocrate (PLD) à propos de six projets de lois sur la réhabilitation du secteur bancaire malade de ses montagnes de mauvaises créances qui menacent de pousser certaines institutions financières vers la faillite. «Le système financier est en feu et les hommes politiques attisent le brasier avec leurs négociations sans fin», soulignait dimanche le grand quotidien des affaires, le Nihon Keizai Shimbun. L’inquiétude grandit de jour en jour dans les rangs du PLD quant à la perspective de voir M. Obuchi obligé de se rendre bredouille aux Etats-Unis dimanche, sans accord sur une question dont il a pourtant fait la priorité de son action à son arrivée à la tête du gouvernement, fin juillet. Partir les mains vides à New York serait donc une humiliation sévère pour M. Obuchi, d’autant que le volet économique des discussions entre les dirigeants des deux plus grandes économies mondiales serait, du même coup, rendu largement stérile. Certains analystes n’excluent pas dans cette hypothèse la chute d’un premier ministre qui aurait perdu autorité, crédibilité et marge de manœuvre, une nouvelle crise politique et peut-être même la convocation d’élections législatives anticipées avant la fin de l’année. Nouvelle concession Le PLD souhaite l’injection massive de capitaux publics pour renflouer les banques défaillantes. L’opposition estime au contraire qu’il n’appartient pas aux contribuables de payer de leur poche des erreurs de gestion grossières d’une banque privée. Elle préconise la liquidation des banques non viables . Le parti de M. Obuchi a effectué ces derniers jours plusieurs concessions importantes, mais toutes refusées par l’opposition. L’un des principaux points de désaccord est le sauvetage de la banque Long-Term Credit Bank of Japan (LTCB), numéro deux du crédit à long terme. Certains analystes continuent néanmoins de croire à un accord de dernière minute ou au moins un compromis partiel. Tard dans la soirée de lundi, le PLD a offert une nouvelle concession, acceptant une offre de l’opposition portant sur une nationalisation temporaire de la LTCB. Cette concession pourrait, selon certains médias japonais, permettre une avancée mercredi. «M. Obuchi ne peut partir (à New York) sans quelques progrès dans ce débat; ce serait la seule chose qu’il pourrait montrer à Clinton», souligne Katsuhide Takahashi, économiste chez SRIC, un institut affilié à la Sanwa Bank. Mardi étant une fête nationale, les discussions formelles reprendront aujourd’hui mercredi. Il ne restera plus que quatre jours pour ficeler un compromis sur ce dossier jugé vital pour redonner espoir aux acteurs économiques japonais et extraire le pays de sa récession la plus grave depuis la fin de la guerre. Entamée le 25 août, la discussion au Parlement de ces projets de loi s’est immédiatement enlisée du fait de tirs de barrage de l’opposition majoritaire à la Chambre haute (Chambre des conseillers). Le PLD est majoritaire à la Chambre basse mais n’a pas réussi à retrouver une majorité à la Chambre haute lors des sénatoriales de juillet qui ont représenté pour lui un sérieux revers électoral. Or, mis à part pour les projets de loi liés au budget pour lesquels un vote de la Chambre haute suffit, pour les autres textes le vote de la Chambre haute est nécessaire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’impasse politique dure depuis près d’un mois au Japon entre majorité et opposition sur l’assainissement du secteur bancaire nippon, mettant en lumière la fragilité du gouvernement du premier ministre Keizo Obuchi à quelques jours d’un sommet avec le président Bill Clinton. TOKYO Alors que les clignotants de l’économie japonaise sont tous au rouge, les grands partenaires du Japon se succèdent pour souligner à quel point la reprise japonaise est la clé du redémarrage de la croissance mondiale. Le dernier à le dire a été le président américain lundi. Or, au Parlement à Tokyo, le spectacle reste celui d’un débat interminable entre les élus de l’opposition et du Parti libéral-démocrate (PLD) à propos de six projets de lois sur la réhabilitation du secteur bancaire malade de ses montagnes de mauvaises...