Le président Laurent-Désiré Kabila, à la recherche de nouveaux alliés, a lancé une initiative diplomatique spectaculaire en direction de l’Afrique francophone, illustrée par son voyage à Libreville, où il a rencontré Omar Bongo. Depuis sa prise du pouvoir à Kinshasa en mai 1997, M. Kabila avait cherché ses alliés en Afrique australe et orientale, notamment l’Ouganda et le Rwanda, avec lesquels il est aujourd’hui en guerre, et au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Parallèlement à des contacts avec des dirigeants francophones il y a peu encore considérés par Kinshasa comme «suspects» en raison de leurs liens avec la France, dénoncée par certains dirigeants congolais comme étant l’un des «instigateurs du complot contre le président Kabila», le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) a entrepris d’améliorer ses relations avec Paris. Un avion cargo d’aide d’urgence affrété par la France est arrivé lundi matin à Kinshasa, alors qu’il y a quelques semaines Kinshasa avait encore expulsé deux diplomates français. Un émissaire du gouvernement congolais, le ministre des Transports, Henri Mova, s’est de son côté rendu récemment à Paris, tandis qu’un proche de M. Kabila, le ministre d’Etat à la présidence, Pierre Victor Mpoyo, a estimé la semaine dernière qu’il n’y avait pas de problème «majeur» entre Paris et Kinshasa. Toujours la semaine dernière, le chef de l’Etat congolais a enchaîné trois déplacements dans des pays francophones d’Afrique centrale, le dernier en date étant dimanche le Gabon. A Libreville, où il se rendait pour la première fois, M. Kabila a obtenu du président Bongo une condamnation de «l’occupation par des troupes étrangères» de la RDC. Si M. Bongo s’est gardé d’identifier les Etats en cause, il a souligné qu’«aucun pays indépendant ne peut tolérer cela» et ajoutant qu’il «préparait certains mécanismes de paix qui seront dévoilés en temps utiles, dans les jours qui viennent». Vendredi, le président congolais s’était rendu à N’djamena, où le président Idriss Déby lui avait également apporté son soutien. «Il est clairement établi qu’il y a agression extérieure contre la RDC (...) Ceci est inadmissible», avait déclaré M. Déby, ajoutant qu’il apportait un «soutien inconditionnel au peuple de la RDC». La veille, M. Kabila s’était rendu à Bangui pour rencontrer l’un des rares chefs d’Etat d’Afrique francophone avec lequel il entretenait jusque lors des relations suivies, Ange-Félix Patassé. Cette ouverture vers l’Afrique francophone avait été préparée à l’occasion d’un voyage, il y a plus de deux semaines, du ministre de l’Information de RDC, Didier Mumengi, à Abidjan et Libreville. De bonnes sources, on indique que l’influence et les «conseils» de l’Angola, principal allié militaire de la RDC dont l’intervention contre la rébellion a été décisive pour M. Kabila, ne sont pas étrangers à la nouvelle donne de la diplomatie congolaise. Luanda entretient des relations suivies avec l’Afrique francophone, notamment le Congo-Brazzaville où son armée, toujours présente, a aidé le général Denis Sassou Nguesso à renverser le président Pascal Lissouba en octobre dernier, et la France. Le président Jacques Chirac s’est rendu en visite officielle à Luanda cette année. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Laurent-Désiré Kabila, à la recherche de nouveaux alliés, a lancé une initiative diplomatique spectaculaire en direction de l’Afrique francophone, illustrée par son voyage à Libreville, où il a rencontré Omar Bongo. Depuis sa prise du pouvoir à Kinshasa en mai 1997, M. Kabila avait cherché ses alliés en Afrique australe et orientale, notamment l’Ouganda et le Rwanda, avec lesquels il est aujourd’hui en guerre, et au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Parallèlement à des contacts avec des dirigeants francophones il y a peu encore considérés par Kinshasa comme «suspects» en raison de leurs liens avec la France, dénoncée par certains dirigeants congolais comme étant l’un des «instigateurs du complot contre le président Kabila», le gouvernement de...