Ils ont chanté tout l’été, les voilà fort bien pourvus alors que l’automne revient: Pat Rafter et Lindsay Davenport furent les vainqueurs logiques d’un US Open qui, à sa façon, n’a fait que consacrer les deux meilleurs joueurs de la saison sur surfaces rapides. L’Australien comme l’Américaine avaient d’ores et déjà engrangé bien des succès sur le circuit américain avant cette consécration en Grand Chelem. Mais ces succès, malgré leurs points communs, n’ont pas la même signification. Pour Rafter, cette victoire, finalement assez aisée face à son compatriote Mark Philippoussis, est surtout venue confirmer celle de l’an dernier. Du coup, l’Australien n’est plus celui en qui John McEnroe ne voyait que «l’homme d’un seul titre». Pour Lindsay Davenport, en revanche, ce sacre est une véritable consécration. Si Rafter est un surdoué, nonchalant et plutôt beau gosse, l’Américaine est plutôt le produit du travail, du labeur et de la discrétion. Alors que le tennis féminin est constellé de starlettes médiatiques comme la séduisante Russe Anna Kournikova, la surpuissante Américaine Venus Williams ou la prodigieuse Martina Hingis, Davenport est surtout apparue jusque-là comme un faire valoir. Cette année, l’immense Californienne de 1m89 a décidé de se débarrasser de son image de vilain grand canard du circuit en perdant près de 14 kilos. Plus en forme, plus rapide, plus mobile, l’Américaine y a surtout gagné une vraie faim de victoire. L’Australie revient «J’ai vraiment l’impression d’y être arrivée toute seule, d’abord en passant par l’entrée de service», a résumé Davenport, que personne n’a jamais vraiment présenté comme la joueuse d’avenir du tennis mondial. «Personne n’a jamais vraiment cru en moi. Je me suis juste améliorée, j’ai réussi à évoluer à mon rythme, à faire tout ce que j’avais envie de faire avant de vraiment me consacrer au tennis», a-t-elle expliqué. Son image ne l’a jamais vraiment préoccupée non plus. Alors que Venus Williams, qu’elle a battue en demi-finale, avait prévu sept tenues différentes pour les sept matches qu’elle espérait jouer à Flushing Meadow, Lindsay n’en avait qu’une. «J’ai beaucoup de tenues, mais toutes du même modèle. J’avais prévu de porter des tenues plus colorées ici mais Nike n’avait pas ma taille. Ils n’avaient pas de XL», a-t-elle dit, non sans humour. La victoire de Rafter fut bien moins inattendue d’autant qu’il est toujours le seul joueur à ne pas avoir perdu sur le court Arthur Ashe, inauguré l’an dernier, année de son premier sacre. Le voilà bardé de 14 matches sans défaite à l’US Open, tout prêt à jouer les chefs de file d’un tennis australien en plein renouveau, comme en attesta la présence en finale de Mark Philippoussis. «Cela va relancer le tennis en Australie. Cela ne fait aucun doute. Il y a une grande tradition tennistique en Australie et c’est vraiment fabuleux de voir une situation comme celle-là se présenter à nouveau», a résumé Tony Roche, capitaine de l’équipe australienne de Coupe Davis. «Au lieu d’un seul champion, Rafter, nous voilà désormais avec deux tours de contrôle», renchérit Paul McNamee, l’ancien prodige du double australien avec son compère Peter McNamara. Cette explosion du tennis australien a fait une victime de marque, Pete Sampras, qui a échoué une nouvelle fois dans sa tentative de rejoindre Roy Emerson au nombre de victoires dans un tournoi du Grand Chelem (12). Emerson. Un Australien déjà… (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils ont chanté tout l’été, les voilà fort bien pourvus alors que l’automne revient: Pat Rafter et Lindsay Davenport furent les vainqueurs logiques d’un US Open qui, à sa façon, n’a fait que consacrer les deux meilleurs joueurs de la saison sur surfaces rapides. L’Australien comme l’Américaine avaient d’ores et déjà engrangé bien des succès sur le circuit américain avant cette consécration en Grand Chelem. Mais ces succès, malgré leurs points communs, n’ont pas la même signification. Pour Rafter, cette victoire, finalement assez aisée face à son compatriote Mark Philippoussis, est surtout venue confirmer celle de l’an dernier. Du coup, l’Australien n’est plus celui en qui John McEnroe ne voyait que «l’homme d’un seul titre». Pour Lindsay Davenport, en revanche, ce sacre est une véritable...