La crise russe commence à faire sentir ses effets sur les pays nordiques, où plusieurs groupes industriels touchés par la dévaluation du rouble revoient leur stratégie à l’Est. Le géant helvético-suédois ABB (ingénierie, électrotechnique) a indiqué mercredi qu’il allait réduire ses opérations en Russie en raison de la crise économique et financière qui frappe ce pays. «Nous allons nous adapter et réduire nos opérations jusqu’à ce que la crise soit résorbée», a déclaré au quotidien spécialisé suédois Dagens Industri le PDG d’ABB, Goeran Lindahl, sans préciser la nature des réductions envisagées. Pour lui, l’économie russe est paralysée par l’absence d’argent frais. «Le système bancaire est grippé et il n’existe pas de flux de capitaux entrant dans le pays», a-t-il ajouté, estimant toutefois que le marché russe offrait de «bonnes perspectives» à long terme. Paradoxalement, le groupe helvético-suédois avait annoncé mardi la conclusion d’un accord de coopération à long terme avec Gazprom. L’accord prévoit notamment la fourniture, pour 100 millions de dollars, de turbines au géant gazier russe. Pour Goeran Lindahl, ABB devrait mieux surmonter que ses concurrents la crise en Russie, parce que le groupe y a diversifié ses investissements. ABB est l’un des plus importants investisseurs étrangers en Russie, où il a 18 filiales employant quelque 2.000 personnes, notamment dans l’extraction du gaz. A Amsterdam, le groupe chimique suédo-hollandais Akzo Nobel a remis la construction d’une usine de peinture en banlieue de Moscou en raison de la dévaluation du rouble et de problèmes rencontrés dans ses discussions avec les banques, selon le journal «Het Financieele Dagblad». Selon le quotidien spécialisé batave, les préparatifs pour la nouvelle unité se poursuivront mais les travaux ne débuteront pas, comme prévu, d’ici à la fin du mois. A Helsinki, le finlandais Huhtamaeki (emballage alimentaire, confiserie) a indiqué que ses ventes en Russie avaient été «quasi inexistantes» en août. L’an dernier, le groupe avait exporté pour 300 millions de marks finlandais (58 M USD) de confiserie dans ce pays. Huhtamaeki a, de ce fait, révisé à la baisse ses prévisions pour l’exercice en cours, prévoyant un résultat par action «inférieur» à celui de 1997. A l’issue du premier trimestre, où son résultat après éléments financiers avait progressé de 128%, à 16 M Mfi (3 M USD), le groupe avait indiqué qu’il s’attendait à dépasser sa performance de l’an dernier. Mardi, la Fortum Corp., premier groupe énergétique nordique, avait admis dans un communiqué, sans autre précision, que l’actuelle instabilité politique et économique en Russie pourrait affecter «jusqu’à un certain point» son résultat et son activité. Né en début d’année de la fusion des finlandais Neste (pétrochimie, gaz) et Imatran Voima (IVO, électricité), Fortum Corp. pourrait être associé à la construction d’un gazoduc reliant, via la Finlande, les gisements russes à l’Union européenne via la Finlande. De retour mercredi d’une mission d’information à Mourmansk (Russie), le ministre finlandais du Commerce extérieur, Ole Norrback, a estimé qu’il était «important» de remettre sur pied le système bancaire russe dont, selon lui, l’actuelle paralysie entrave les échanges internationaux. Mais il n’est pas pour autant question de revenir à la pratique du «clearing» — transactions en nature — courante à l’époque de l’Union soviétique, a-t-il précisé. (Reuters, AFP)
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