Turquie : procès contre Erbakan pour incitation à la haine religieuse
le 10 septembre 1998 à 00h00
Un procès intenté à l’ancien premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan pour «incitation à la haine raciale ou religieuse» s’est ouvert mercredi à Diyarbakir (sud-est de la Turquie), en son absence. M. Erbakan, qui est accusé d’avoir commis ce délit dans un discours prononcé à Bingol (est) en 1994, peu avant les élections municipales, est passible d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans aux termes de l’article 312/2 du code pénal. Le chef islamiste n’a pas assisté à l’audience d’ouverture du procès. Il a envoyé une lettre à la Cour de sûreté de l’Etat de Diyarbakir (DGM) pour exprimer son souhait de déposer à Ankara, ce qui a été accepté par le tribunal qui a renvoyé l’audience au 21 octobre. Ce procès avait été intenté le 2 juin par la DGM de Diyarbakir après que des cassettes-vidéo, contenant le discours de M. Erbakan, eurent été découvertes au siège à Bingol de la Fondation nationale de la jeunesse (MGV), proche des islamistes, lors d’une perquisition policière en 1997. Le procès a été lancé contre M. Erbakan après que le parquet de la DGM de Diyarbakir eut déchiffré le discours du chef islamiste. Un autre procès se poursuit contre M. Erbakan à Ankara pour avoir «insulté» la Cour constitutionnelle dans une intervention, prononcée deux jours après la dissolution de son Parti islamiste de la prospérité (Refah) en janvier 1998 pour «activités contre le régime laïc» du pays. Le chef islamiste est passible d’une peine de prison allant jusqu’à un an et demi dans cette affaire. M. Erbakan, 72 ans, avait gouverné la Turquie de juin 1996 à juin 1997 à la tête d’une coalition gouvernementale à dominante islamiste. Il avait dû démissionner sous la forte pression des militaires, qui accusaient son parti d’encourager la montée du fondamentalisme musulman en Turquie. Avec la dissolution du Refah, M. Erbakan et plusieurs de ses amis ont été interdits de politique pour cinq ans. La plupart des députés de l’ex-Refah ont rejoint un autre groupe islamiste, le Parti de la vertu (Fazilet), créé avant l’interdiction du Refah. Le Fazilet est ainsi devenu le premier parti en sièges au Parlement, comme l’était le Refah avant lui. (AFP)
Un procès intenté à l’ancien premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan pour «incitation à la haine raciale ou religieuse» s’est ouvert mercredi à Diyarbakir (sud-est de la Turquie), en son absence. M. Erbakan, qui est accusé d’avoir commis ce délit dans un discours prononcé à Bingol (est) en 1994, peu avant les élections municipales, est passible d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans aux termes de l’article 312/2 du code pénal. Le chef islamiste n’a pas assisté à l’audience d’ouverture du procès. Il a envoyé une lettre à la Cour de sûreté de l’Etat de Diyarbakir (DGM) pour exprimer son souhait de déposer à Ankara, ce qui a été accepté par le tribunal qui a renvoyé l’audience au 21 octobre. Ce procès avait été intenté le 2 juin par la DGM de Diyarbakir après que des...
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