Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Russie Les réformateurs prévoient hyperinflation et dictature (photo)

Plusieurs réformateurs ont mis en garde le gouvernement russe contre toute tentation d’abandonner les réformes et la rigueur budgétaire, y voyant le risque d’un pays s’acheminant vers l’hyperinflation, la dictature politique et l’anarchie financière. Alors que le pays est plongé dans l’impasse politique et le chaos économique, deux des pionniers des réformes en Russie, l’ancien premier ministre (jusqu’en 1992) Egor Gaïdar et l’ex-vice-premier ministre (jusqu’en mars 1998) Anatoli Tchoubaïs ont estimé mardi que, dans le meilleur des cas, le pays aurait toutefois besoin d’au moins six mois pour sortir de cette crise. Mais si le gouvernement du premier ministre par intérim Viktor Tchernomyrdine applique son idée de faire marcher la planche à billets pour payer les arriérés de salaires et de retraites, la Russie entrera dans une hyperinflation qui l’obligera à refuser de rembourser sa dette extérieure, a estimé M. Gaïdar. «Très vite, la situation deviendra incontrôlable. Un tel scénario annule tout espoir de recevoir l’argent qui a été promis par les organisations financières internationales, ou de jamais rembourser la dette», a-t-il déclaré. Cette estimation a immédiatement été contestée par le vice-premier ministre par intérim Boris Fiodorov (réformateur), qui a affirmé que le gouvernement n’avait nulle intention de se lancer dans l’émission monétaire incontrôlée, et comptait bien poursuivre les réformes. «Notre politique est de revenir aux réformes véritables, qui ont virtuellement cessé ces dernières années», a-t-il déclaré selon Itar-Tass. Les marchés toutefois semblaient faire la même analyse que M. Gaïdar, et le rouble continuait à baisser mardi, approchant les 22 pour un dollar, et la bourse baissait légèrement, dans un marché totalement mort. Aussi pessimiste que M. Gaïdar, Anatoli Tchoubaïs estime dans une interview au quotidien «Kommersant» que le danger d’un défaut de paiement de la Russie sur sa dette envers l’étranger est «énorme». Quant aux conséquences politiques de la crise économique, M. Tchoubaïs a estimé que la probabilité de l’arrivée en Russie d’une dictature du type de celle de Franco en Espagne était «plus grande que jamais», avec dans le rôle du «Caudillo», le général nationaliste Alexandre Lebed. Les deux dirigeants réformateurs ont estimé que Boris Eltsine avait commis une erreur grave en limogeant le 23 août le gouvernement dirigé par le jeune réformateur Sergueï Kirienko, plongeant le pays dans le chaos politique alors que la crise économique exigeait au contraire la stabilité. «Kirienko avait encore une chance de se débrouiller», a estimé M. Tchoubaïs. Son limogeage «est la pire faute de Boris Eltsine depuis sa décision de lancer la guerre de Tchétchénie, a lancé Egor Gaïdar. Maintenant, dans cette situation économique catastrophique, nous nous retrouvons avec un gouvernement paralysé et une Banque centrale paralysée». Le directeur de la Banque centrale, Sergueï Doubinine, a proposé sa démission pour protester contre un abandon prévu de la politique de rigueur monétaire dont il est partisan. (AFP)
Plusieurs réformateurs ont mis en garde le gouvernement russe contre toute tentation d’abandonner les réformes et la rigueur budgétaire, y voyant le risque d’un pays s’acheminant vers l’hyperinflation, la dictature politique et l’anarchie financière. Alors que le pays est plongé dans l’impasse politique et le chaos économique, deux des pionniers des réformes en Russie, l’ancien premier ministre (jusqu’en 1992) Egor Gaïdar et l’ex-vice-premier ministre (jusqu’en mars 1998) Anatoli Tchoubaïs ont estimé mardi que, dans le meilleur des cas, le pays aurait toutefois besoin d’au moins six mois pour sortir de cette crise. Mais si le gouvernement du premier ministre par intérim Viktor Tchernomyrdine applique son idée de faire marcher la planche à billets pour payer les arriérés de salaires et de retraites, la...