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Actualités - Chronologie

Les turbulences monétaires rapprochent le Japon de la déflation

Le gouvernement japonais a reconnu mardi que son économie, déjà profondément fragilisée, allait souffrir des dernières turbulences sur les marchés financiers, l’un de ses membres allant jusqu’à affirmer que le Japon se trouvait désormais «à l’orée de la déflation». Dans son rapport mensuel, l’Agence gouvernementale de planification économique (EPA) a peint un tableau toujours plus sombre de la conjoncture nipponne: «La chute de l’activité économique se prolonge et l’économie se trouve toujours dans une situation excessivement difficile», écrit-elle. A la faiblesse de la consommation et de l’investissement vient en effet s’ajouter l’instabilité des marchés financiers, souligne l’EPA, dont l’analyse a été entérinée dans la matinée par le Conseil des ministres. L’agence statistique gouvernementale estime que la chute de la Bourse de Tokyo à ses plus bas niveaux depuis douze ans ajoute aux incertitudes entourant la deuxième économie mondiale. «Le manque croissant de visibilité sur l’évolution future de l’économie préoccupe désormais les marchés financiers», constate l’EPA, qui ne mentionnait pas ce facteur en août. Le 28 août, l’indice Nikkei 225 avait perdu 3,5%, pour terminer à 13.915,63 points, son plus bas niveau en clôture depuis le 6 mars 1986. Peu après, les rendements sur le marché obligataire étaient tombés à moins de 1%. L’EPA relève également que l’évolution récente des marchés financiers, en particulier en Russie et aux Etats-Unis, doit inciter à la prudence. S’embarrassant moins de précautions oratoires que son administration, le directeur général (ministre) de l’EPA Taichi Sakaiya a estimé devant la presse que les dernières turbulences sur les marchés financiers avaient rapproché l’économie japonaise d’une entrée dans une phase de déflation. La déflation se caractérise par un cercle vicieux, où la baisse incessante des prix entraîne le recul de la production puis celui de la valeur des actifs. Aucun grand pays développé n’a connu la déflation depuis la Grande Dépression des années 20, mais le Japon en présente nombre de symptômes. Selon la Banque du Japon (BoJ), les prix de gros intérieurs sont négatifs depuis le mois de mars. En août, ils étaient de 2,1% inférieurs à leur niveau d’il y a un an, sous l’effet de l’intensification de la guerre des prix. Dans leur majorité, les analystes s’attendent à ce que les chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre, qui seront publiés vendredi, soient négatifs. Si cela devait être le cas, le Japon aura enregistré trois trimestres consécutifs de croissance négative, du jamais vu depuis la guerre. M. Sakaiya — un auteur à succès reconverti en politique — a souligné que l’économie nipponne n’était pas encore en déflation. Mais elle encourt «le risque d’être entraînée dans une spirale déflationniste si la situation économique à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, devait se détériorer rapidement et profondément», a estimé le ministre, qui joue depuis sa nomination les Cassandre au sein de la classe politique nipponne. Le ministre a affirmé que le plan de relance engagé par l’Administration Hashimoto et les mesures complémentaires mises au point par le nouveau gouvernement Obuchi devraient «au moins» permettre de stabiliser l’économie et avoir «un impact très favorable sur le sentiment des acteurs économiques». Toutefois, «des mesures plus audacieuses» que celles actuellement mises en œuvre seront nécessaires «si la conjoncture internationale devait connaître une profonde dégradation», a fait valoir M. Sakaiya. Les incertitudes entourant les marchés financiers mondiaux «pourraient avoir sous peu un impact négatif sur l’activité économique», s’est inquiété le responsable de l’EPA. Devant le Conseil des ministres, le gouverneur de la Boj Masaru Hayami a aussi souligné que le Japon n’était pas en déflation mais qu’il était important de prendre des mesures pour prévenir une telle situation. (AFP)
Le gouvernement japonais a reconnu mardi que son économie, déjà profondément fragilisée, allait souffrir des dernières turbulences sur les marchés financiers, l’un de ses membres allant jusqu’à affirmer que le Japon se trouvait désormais «à l’orée de la déflation». Dans son rapport mensuel, l’Agence gouvernementale de planification économique (EPA) a peint un tableau toujours plus sombre de la conjoncture nipponne: «La chute de l’activité économique se prolonge et l’économie se trouve toujours dans une situation excessivement difficile», écrit-elle. A la faiblesse de la consommation et de l’investissement vient en effet s’ajouter l’instabilité des marchés financiers, souligne l’EPA, dont l’analyse a été entérinée dans la matinée par le Conseil des ministres. L’agence statistique...