Indonésie : les étudiants se préparent à manifester contre Habibie
le 09 septembre 1998 à 00h00
Des étudiants indonésiens ont reporté mardi à Djakarta un projet de manifestation pour la démission du président B.J. Habibie, en précisant qu’elle aurait lieu dans quelques jours. Des centaines d’étudiants ont été évincés du Parlement en début de journée après y être restés plus de douze heures pour exiger l’éviction de Habibie, qu’ils accusent d’avoir échoué à régler la crise économique. Deux étudiants ont été blessés à coups de baïonnette, l’un d’eux grièvement, et cinq autres ont été intoxiqués par des gaz lacrymogènes au cours d’un bref accrochage avec la police. Plus de mille étudiants se sont massés en milieu de matinée devant l’université catholique Atmajaya en se disant prêts à retourner au Parlement. Mais ils ont ensuite annoncé que le projet était différé afin de permettre de rassembler un plus grand nombre de personnes. «Nous n’arrêterons pas avant qu’un changement ait lieu», a déclaré le militant étudiant Eli Dahlan, ajoutant que la manifestation aurait lieu dans les prochains jours. «Si Habibie reste, la crise ne sera pas réglée parce qu’il n’a aucune légitimité populaire», a-t-il dit, en accusant l’armée d’avoir réprimé la manifestation de lundi avec une brutalité injustifiable: «Ils se conduisent comme sous le régime de (l’ex-président) Suharto». A Surabaya, deuxième ville du pays, des étudiants ont dit prévoir des manifestations mercredi à l’occasion d’une visite de Habibie. Pillages A Java, d’importants effectifs de policiers et de soldats ont été déployés à Kebumen, une localité du centre secouée la veille par des émeutes et des pillages qui ont provoqué d’importants dégâts matériels. «La situation est sous contrôle, nous avons déployé tous nos effectifs de l’armée et de la police pour maintenir le calme et la sécurité», a déclaré le capitaine Umbaryanto interrogé par téléphone depuis Djakarta. L’officier a également confirmé, mais sans donner de précision, que des renforts de troupes avaient été amenés dans cette localité à environ 350 kilomètres au sud-est de Djakarta. Les violences lundi ont commencé, selon la presse, à la suite d’une altercation entre un commerçant indonésien d’origine chinoise et l’un de ses employés qui a dégénéré et s’est étendue à l’ensemble de la localité. Au moins, 37 magasins ont été pillés et incendiés ainsi qu’une vingtaine de voitures, rapportent mardi les quotidiens de Djakarta. Les localités surpeuplées de l’est et du centre de Java sont quasi-quodiennement secouées par des violences qui commencent avec un incident mineur et dégénèrent en émeutes et pillages visant la communauté indonésienne d’origine chinoise et que les forces de sécurité apparaissent incapables de contrôler. La semaine dernière, le port de Cilacap, à moins d’une centaine de kilomètres à l’ouest de Kebumen, avait été ainsi la semaine dernière dévasté par plusieurs jours d’émeutes. (Reuters - AFP)
Des étudiants indonésiens ont reporté mardi à Djakarta un projet de manifestation pour la démission du président B.J. Habibie, en précisant qu’elle aurait lieu dans quelques jours. Des centaines d’étudiants ont été évincés du Parlement en début de journée après y être restés plus de douze heures pour exiger l’éviction de Habibie, qu’ils accusent d’avoir échoué à régler la crise économique. Deux étudiants ont été blessés à coups de baïonnette, l’un d’eux grièvement, et cinq autres ont été intoxiqués par des gaz lacrymogènes au cours d’un bref accrochage avec la police. Plus de mille étudiants se sont massés en milieu de matinée devant l’université catholique Atmajaya en se disant prêts à retourner au Parlement. Mais ils ont ensuite annoncé que le projet était différé afin de...
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