L’Iran pourrait tout à fait lancer des opérations aériennes contre le sud-ouest de l’Afghanistan mais une invasion militaire, même temporaire, semble exclue, ont estimé des experts occidentaux à Islamabad. «Les Iraniens peuvent attaquer avec leur aviation ou leurs missiles des cibles du sud-ouest et de l’ouest afghan», a affirmé l’une de ces sources qui suit les affaires de la région depuis de nombreuses années. La tension entre l’Iran et les Taliban— les «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul — est brusquement montée ces dernières semaines après la «disparition» de 10 diplomates et d’un journaliste iraniens à Mazar-i-Sharif, la «capitale» de l’opposition anti-Taliban dans le nord de l’Afghanistan prise par les miliciens intégristes en août dernier. Les Taliban, qui contrôlent désormais plus des deux tiers du pays, ont donné des informations contradictoires sur ces Iraniens, mais laissent désormais entendre qu’ils auraient pu être tués «au cours des combats» d’août. Selon cet expert, si les Iraniens se décidaient à frapper des cibles militaires, ils pourraient attaquer la base aérienne de Shindand, la plus importante de toutes les bases aériennes aux mains des Taliban, située dans la province Farah, non loin de la frontière iranienne. Une autre possibilité, d’après lui, pourrait être une démonstration de force indirecte par l’attaque, toujours aérienne, des importantes plates-formes de trafiquants de drogue dans le sud de la province voisine de Nimruz, elle aussi contrôlée par les Taliban. Des spécialistes du trafic de drogues pensent en effet, que Rabah Jali, à l’extrême pointe sud de la province — au carrefour de l’Afghanistan, de l’Iran et du Pakistan — est l’une des grandes plaques tournantes des trafiquants d’opium, de haschisch et d’héroïne dont l’Afghanistan est désormais le premier producteur mondial. Les experts excluent, en revanche, une attaque au sol ou une invasion, même temporaire, d’une partie du territoire afghan, pour des raisons aussi bien militaires que politiques. L’armée iranienne n’a pas suffisamment reconstitué ses forces depuis la fin de la guerre avec l’Irak pour se lancer dans une aventure dangereuse, estime un expert militaire. Démocratisation De plus, au moment où le président Mohammed Khatami tente une démocratisation du pays, elle ferait le jeu des ultra-conservateurs en remettant à la première place les gardiens de la révolution (les Pasdaran). Plus de 70.000 membres des forces terrestres et aériennes de ces Pasdaran et des milices islamiques (Bassidji) participent à des manœuvres dans la région de Torbat-é-Jam, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière afghane. «Cela ne veut pas dire que ces troupes sont là pour attaquer», a dit une autre source pour qui un tel déploiement vise plutôt à obliger les Taliban à retirer des troupes du nord pour les déployer dans le sud-ouest et l’ouest. «En faisant cela, Téhéran retarde d’autant les offensives que la milice intégriste pouvait lancer contre les derniers bastions de l’opposition soutenue par l’Iran dans le centre et le nord du pays et fragilisée par la perte du nord et du nord-ouest en août et la destruction des forces ouzbèkes du général Abdul Rashid Dostam», a estimé cette source. Cette opposition ne comprend désormais que les troupes du Hezb-i-Wahdat pro-iranien des Hazaras chiites de Karim Khalili ainsi que les combattants du Jamiat-i-Islami des Tadjiks persanophones de l’ancien président Burhanuddine Rabbani et Ahmed Shah Massoud. Les Etats-Unis, d’où est venue la rumeur d’une attaque possible des Iraniens, ont déjà demandé «aux voisins de l’Afghanistan de ne pas s’engager dans des opérations qui pourraient aggraver le conflit». «Nous leur demandons de respecter les frontières de l’Afghanistan», a déclaré le Pentagone, moins d’un mois après les frappes aériennes des Etats-Unis contre des camps de terroristes présumés de l’est de l’Afghanistan, accusés d’être à l’origine des attentats anti-américains de Nairobi et Dar-es-Saalam. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Iran pourrait tout à fait lancer des opérations aériennes contre le sud-ouest de l’Afghanistan mais une invasion militaire, même temporaire, semble exclue, ont estimé des experts occidentaux à Islamabad. «Les Iraniens peuvent attaquer avec leur aviation ou leurs missiles des cibles du sud-ouest et de l’ouest afghan», a affirmé l’une de ces sources qui suit les affaires de la région depuis de nombreuses années. La tension entre l’Iran et les Taliban— les «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul — est brusquement montée ces dernières semaines après la «disparition» de 10 diplomates et d’un journaliste iraniens à Mazar-i-Sharif, la «capitale» de l’opposition anti-Taliban dans le nord de l’Afghanistan prise par les miliciens intégristes en août dernier. Les Taliban, qui contrôlent...