Cinq ans après leur signature, les accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne sont vécus comme une malédiction à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Le maire de la ville de 150.000 habitants, qui comprend un grand camp de réfugiés, attribue aux accords les nombreuses entraves qui l’empêchent de développer comme il l’entend la superbe plage ou les fertiles terres agricoles de la région. Au volant de sa voiture, M. Oussama Farra peste contre Oslo en tentant de s’y retrouver au milieu de l’écheveau de postes militaires et de barrages routiers israéliens, qui se sont multipliés depuis le début de l’autonomie. «Les Israéliens nous interdisent d’introduire du matériel de construction», explique M. Farra en arrivant devant le barrage militaire qui contrôle l’unique point d’accès à la plage. Israël, s’appuyant sur les accords d’Oslo, a fermé trois importantes routes menant à la zone côtière d’al-Mawassi, devenue un foyer de friction entre les Palestiniens d’un côté et les soldats et colons israéliens de l’autre. Conformément au partage territorial découlant des accords, al-Mawassi est restée en grande partie sous occupation militaire israélienne directe, car la zone est entourée de plusieurs colonies juives. Avant les accords, «les colonies israéliennes s’étendaient sur 700 hectares de terres appartenant à Khan Younès, mais aujourd’hui elles se sont approprié 1.500 hectares», affirme M. Farra. Situation humiliante Israël contrôle également les sources d’eau d’al-Mawassi, alors que les agriculteurs palestiniens n’ont pas le droit de forer des puits pour irriguer leurs champs. «Non seulement ils nous empêchent de percer de nouveaux puits, mais ils nous ont également interdit de réhabiliter un puits construit avant l’occupation israélienne en 1967», déplore le maire. La situation est d’autant plus humiliante que Khan Younès doit acheter à Israël de l’eau justement pompée à al-Mawassi. L’Etat hébreu, invoquant des raisons de sécurité, a également bloqué la mise en œuvre de projets touristiques et d’infrastructure. Les autorités israéliennes ont ainsi refusé d’autoriser la construction par un homme d’affaires palestinien de bungalows sur la plage pour attirer les touristes. Israël a empêché, en outre, la remise en état d’un tronçon de route conduisant à la plage. «Chaque fois que nous avons une idée pour améliorer la situation dans notre ville, les Israéliens jouent la carte de la sécurité», se lamente M. Farra. «Nous vivons dans un état de siège permanent, du fait que les accords d’Oslo ont entériné les préoccupations sécuritaires d’Israël», ajoute-t-il. Israël contrôle l’ensemble des frontières de la bande de Gaza, où vivent 1,2 million de Palestiniens et 5.000 colons juifs. La plupart des Palestiniens n’ont pas le droit de sortir du territoire, et les autres doivent se soumettre à de complexes procédures de sécurité. Israël a refusé en outre d’autoriser la mise en service d’un aéroport que les Palestiniens ont construit à Gaza, et bloque un projet de port maritime. A Khan Younès, le désanchentement suscité par les accords d’Oslo est la mesure des immenses espoirs qu’ils avaient soulevés lors de leur signature, le 13 septembre 1993 à Washington. «Nous avons eu beaucoup de promesses. Nous nous attendions à avoir un port, un aéroport et une économie florissante», tonne Saïd Dahlane, 73 ans, assis à même le sable, devant son taudis. «Les Israéliens ont tout pris et nous, nous n’avons rien», lance-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cinq ans après leur signature, les accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne sont vécus comme une malédiction à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Le maire de la ville de 150.000 habitants, qui comprend un grand camp de réfugiés, attribue aux accords les nombreuses entraves qui l’empêchent de développer comme il l’entend la superbe plage ou les fertiles terres agricoles de la région. Au volant de sa voiture, M. Oussama Farra peste contre Oslo en tentant de s’y retrouver au milieu de l’écheveau de postes militaires et de barrages routiers israéliens, qui se sont multipliés depuis le début de l’autonomie. «Les Israéliens nous interdisent d’introduire du matériel de construction», explique M. Farra en arrivant devant le barrage militaire qui contrôle l’unique point d’accès à la plage....