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Actualités - Chronologie

Oslo demeure pour les palestiniens la première pierre d'un Etat indépendant

Les Palestiniens qui ont négocié les accords d’Oslo avec Israël il y a cinq ans restent persuadés, malgré tous les revers, qu’ils ont ainsi posé la première pierre d’un Etat indépendant. Les opposants aux accords d’autonomie, comme l’ancien chef de la délégation palestinienne Haïdar Abdel Chafi, le mettent en doute, estimant que les accords étaient viciés dès le départ. Pour eux, les Palestiniens ont été contraints de faire les principales concessions alors qu’Israël n’a jamais eu à définir l’ampleur de son retrait militaire des territoires qu’il occupe depuis 1967. Les négociateurs rétorquent qu’Oslo a permis la création de la première entité palestinienne, officiellement reconnue par la quasi-totalité de la communauté internationale. A leur avis, le problème essentiel vient non pas des accords eux-mêmes, mais du fait qu’Israël a refusé de les appliquer honnêtement. «Pour nous, c’était une étape sur la route qui mène à la fin de l’occupation israélienne et à notre libération», affirme M. Ahmed Qoreï (Abou Alaa), qui fut le principal négociateur d’Oslo et qui préside aujourd’hui le Conseil législatif (Parlement) palestinien. «Les accords d’Oslo ont permis de réaliser beaucoup de choses. Pour la première fois, un territoire a été entièrement contrôlé par des Palestiniens et l’Autorité palestinienne y s’est installée», dit-il. «Oslo a également influencé des éléments importants de la société israélienne, qui acceptent mieux les droits palestiniens», ajoute-t-il. Après son instauration à la suite des accords, l’Autorité palestinienne a progressivement pris le contrôle de 60% de la bande de Gaza et de sept villes de Cisjordanie. Mais Israël maintient toujours 40% de la bande de Gaza et les trois quarts de la Cisjordanie sous occupation militaire directe. L’expansion des colonies juives s’est poursuivie, le corridor permettant aux Palestiniens de circuler entre la bande de Gaza et la Cisjordanie n’a jamais été créé, et l’aéroport et le port maritime qu’ils veulent construire restent otages des préoccupations sécuritaires israéliennes. «L’accord est vicié parce qu’il ne traite pas explicitement du problème clé de la colonisation, qui a pu se poursuivre», souligne M. Abdel Chafi. «Au fond, l’accord a permis au plus fort d’imposer sa volonté au plus faible et les Israéliens ont pu agir comme ils l’entendaient», poursuit-il. Les Palestiniens ont reconnu en 1993 le droit de l’Etat d’Israël à vivre «en paix et en sécurité». L’Etat juif, en échange, n’a fait que reconnaître l’Organisation de la libération de la Palestine comme «représentant du peuple palestinien», sans avoir à sanctionner un Etat, et encore moins ses frontières éventuelles. «L’accord a permis aux Palestiniens de prendre le contrôle de quelques villes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Cela ne signifie rien, s’il s’agit uniquement de bantoustans», affirme M. Abdel Chafi, en référence à l’ancien régime d’apartheid en Afrique du Sud. «Les accords ignorent aussi la question du retour des réfugiés», souligne-t-il. M. Qoreï reste pourtant persuadé que les accords peuvent marcher, si Israël fait preuve d’un peu de bonne volonté. (AFP)
Les Palestiniens qui ont négocié les accords d’Oslo avec Israël il y a cinq ans restent persuadés, malgré tous les revers, qu’ils ont ainsi posé la première pierre d’un Etat indépendant. Les opposants aux accords d’autonomie, comme l’ancien chef de la délégation palestinienne Haïdar Abdel Chafi, le mettent en doute, estimant que les accords étaient viciés dès le départ. Pour eux, les Palestiniens ont été contraints de faire les principales concessions alors qu’Israël n’a jamais eu à définir l’ampleur de son retrait militaire des territoires qu’il occupe depuis 1967. Les négociateurs rétorquent qu’Oslo a permis la création de la première entité palestinienne, officiellement reconnue par la quasi-totalité de la communauté internationale. A leur avis, le problème essentiel vient non pas des...