Le quartier du West End de la petite ville de San Antonio, à quinze kilomètres à l’ouest d’Ibiza (Baléares) est La Mecque des nightclubbers britanniques, dont la quête effrénée de «sexe, drogue et alcool» a poussé le vice-consul Michael Birkett, «honteux» de ses compatriotes, à démissionner fin août. Montré du doigt par le vice-consul qui dénonçait au «Mail on Sunday» «ces dégénérés qui nous traînent dans la boue», ce quartier «ouvre» de début mars à la mi-octobre. En une nuit, il peut réunir quelque 8.000 nightclubbers, selon les calculs de la police municipale fournis par l’adjoint au maire de cette ville de 17.000 habitants en hiver et près de 500.000 en été, José Ferrer. «J’ai lu les déclarations polémiques de Birkett et à aucun moment il ne mentionne le West End», s’empresse-t-il de rappeler en soulignant que, selon les statistiques de la police, l’été 1998 a été «une des saisons les plus calmes de ces cinq dernières années». «Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes, ils sont inévitables quand on reçoit une population âgée à 90% de 16 à 24 ans», conclut-il. Dans le West End, près de cent établissements — bars, restaurants, discothèques — emploient 500 personnes. «Environ 10% de San Antonio dépend directement du West End. C’est un mal nécessaire. Le tourisme espagnol ou italien se concentre sur un seul mois de vacances, alors qu’avec les Britanniques c’est six mois de vaches grasses», explique Juan Pataleoni, propriétaire des discothèques Simple, IBZ et Exit. «Imaginez ce que serait un quartier comme celui-ci, transformé en lieu de fête par 8.000 Espagnols pendant six mois. En comparaison, avec les Anglais il ne se passe rien de grave», ajoute Juan Ribas, gèrant d’un petit hôtel en plein centre du West End. Opinions partagées A San Antonio, les opinions sur l’invasion britannique sont partagées. Si beaucoup de locaux se plaignent et abandonnent leurs appartements dans le quartier, un chauffeur de taxi estime que «maintenant on est habitués». Norma Costa, propriétaire d’une parfumerie, affirme n’avoir jamais eu de problèmes avec les Britanniques. «Ils sont bien élevés et sympathiques et, malgré leur jeune âge, ils dépensent tout l’argent qu’ils ont amené avec eux», explique-t-elle. «Le problème n’est pas ici, mais dans les promesses qu’on leur fait à leur départ. On leur vend un séjour en les assurant d’un endroit paradisiaque, où ils pourront faire ce qu’ils veulent et trouveront de l’alcool à bon prix, du sexe et une liberté totale», selon Luis Godoy, qui tient un magasin de photos-souvenirs. Nuits chaudes La compétition est rude entre bars et discos du West End: Le Golden Gate offre du football (anglais) sur écran géant et le bar Amsterdam promet une bouteille d’eau-de-vie gratuite pour toute commande de quatre bières. Le Night Life jure une «nuit de folie», tandis que le Kremlin, le Kings, le Trops, le Tropicana ou le Capone invitent les plus célèbres disc-jockeys britanniques à venir animer leurs soirées. «Tous les grands DJS anglais ou américains rêvent de venir à Ibiza pour animer une soirée», explique un «flyer», un de ces nombreux jeunes qui distribuent dans la rue les invitations à ces soirées. Parmi les groupes organisateurs de soirées, Manumission a mis sur pied un spectacle «érotico-pornographique» qui a rassemblé 7.000 personnes ayant payé chacune 7.000 pesetas (50 dollars), soit une recette quotidienne assurée — hors consommations — d’au moins 50 millions de pesetas (350.000 dollars). (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le quartier du West End de la petite ville de San Antonio, à quinze kilomètres à l’ouest d’Ibiza (Baléares) est La Mecque des nightclubbers britanniques, dont la quête effrénée de «sexe, drogue et alcool» a poussé le vice-consul Michael Birkett, «honteux» de ses compatriotes, à démissionner fin août. Montré du doigt par le vice-consul qui dénonçait au «Mail on Sunday» «ces dégénérés qui nous traînent dans la boue», ce quartier «ouvre» de début mars à la mi-octobre. En une nuit, il peut réunir quelque 8.000 nightclubbers, selon les calculs de la police municipale fournis par l’adjoint au maire de cette ville de 17.000 habitants en hiver et près de 500.000 en été, José Ferrer. «J’ai lu les déclarations polémiques de Birkett et à aucun moment il ne mentionne le West End», s’empresse-t-il...