La centrale syndicale israélienne Histadrout d’obédience travailliste a porté un nouveau coup dur au premier ministre de droite Benjamin Netanyahu en ordonnant jeudi une grève générale du secteur public qui touche 300.000 fonctionnaires. Déjà empêtré dans d’épineux problèmes de coalition gouvernementale en raison d’un accord apparemment en vue avec les Palestiniens sur un retrait militaire en Cisjordanie, M. Netanyahu doit à présent livrer bataille sur le front social qui se dégrade singulièrement. La grève a été déclenchée à la suite de négociations avortées avec le ministre des Finances Yaacov Neeman sur le réajustement des grilles de salaires et le renouvellement des conventions collectives. La rentrée des classes pour 1,5 million d’élèves du primaire et du secondaire a en outre été retardée jeudi, pour le troisième jour consécutif, en raison d’une grève des enseignants. La Histadrout exige une augmentation des salaires de 8% dans le secteur public, alors que le Trésor refuse d’aller au-delà de 5%. Les débrayages dans le secteur public touchent notamment les ministères, les compagnies d’électricité, de distribution des eaux, les postes et télécommunications, les services hospitaliers, les douanes, le fisc, les tribunaux, les raffineries, les autorités portuaires et aéroportuaires, le réseau ferroviaire et la radio. Morosité Les collectivités locales ont emboîté le pas, en particulier les services de voirie, et les ordures ménagères ont commencé à s’amonceler dans les rues des trois grandes villes du pays (Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa). Habile tacticien, le secrétaire général de la Histadrout, Amir Peretz, s’est donné les coudées franches pour accentuer, le cas échéant, les pressions si ses nouveaux pourparlers prévus jeudi avec les représentants du Trésor devaient échouer. La grève a provisoirement épargné l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv, de même que les transports publics, les banques, la bourse de Tel-Aviv et surtout l’important personnel des Industries d’armements et des Industries aéronautiques d’Israël. «Vous faites la grève pour la grève. Cela doit cesser: il faut rentrer en classe et revenir au travail. Israël est l’un des vingt pays du monde où règne la stabilité et qui échappe à la crise économique», a déclaré M. Netanyahu. Appelant à la radio ses compatriotes à faire preuve de «responsabilité, car je ne peux pas imprimer des billets», il a souligné qu’«il faut investir cette année beaucoup d’argent (...) face à la menace effective des missiles iraniens». Pour la première fois en dix ans, le budget de la Défense sera nettement à la hausse en 1999, alors que le pays compte 21.000 chômeurs, soit 9,4% de la population active, et que le taux de croissance annuel oscille à peine autour de 1%, sa pire performance en 32 ans. Les investissements étrangers en Israël ont chuté de plus de moitié durant le premier semestre de 1998 par rapport à la période correspondante de l’année dernière.(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La centrale syndicale israélienne Histadrout d’obédience travailliste a porté un nouveau coup dur au premier ministre de droite Benjamin Netanyahu en ordonnant jeudi une grève générale du secteur public qui touche 300.000 fonctionnaires. Déjà empêtré dans d’épineux problèmes de coalition gouvernementale en raison d’un accord apparemment en vue avec les Palestiniens sur un retrait militaire en Cisjordanie, M. Netanyahu doit à présent livrer bataille sur le front social qui se dégrade singulièrement. La grève a été déclenchée à la suite de négociations avortées avec le ministre des Finances Yaacov Neeman sur le réajustement des grilles de salaires et le renouvellement des conventions collectives. La rentrée des classes pour 1,5 million d’élèves du primaire et du secondaire a en outre été retardée...