Rejet de l'appel d'un palestinien détenu sans jugement depuis 5 ans
le 03 septembre 1998 à 00h00
La Cour suprême d’Israël a rejeté l’appel en vue de sa libération du plus ancien des internés administratifs, un Palestinien incarcéré depuis cinq ans sans procès, a-t-on appris de source judiciaire. M. Ossama Barham, 36 ans, «réclamait qu’un tribunal puisse examiner la valeur des témoignages recueillis contre lui par les services de sécurité intérieure israéliens, le Shin Beth», a indiqué son avocate israélienne, Me Tamar Peleg. La défense voulait pouvoir faire comparaître des témoins de l’accusation devant une cour militaire d’appel en espérant qu’une régularisation de la procédure judiciaire conduirait à sa libération. La Cour a rejeté cette demande se rangeant à l’avis des services de sécurité qui refusent de divulguer leurs sources d’informations et a annoncé qu’elle rendrait ses attendus plus tard. L’armée israélienne a aussitôt averti le détenu qu’elle allait prolonger sa détention administrative de plusieurs mois. M. Barham, originaire du village de Ramin, proche de Tulkarem en Cisjordanie, a été arrêté en 1993 sous le soupçon d’être un activiste islamiste hostile aux accords israélo-palestiniens sur l’autonomie. Législation d’urgence Détenu sans jugement depuis lors, cet ancien étudiant en journalisme du Collège islamique de Hébron (Cisjordanie) avait purgé 7 ans dans les prisons israéliennes après sa condamnation en 1985 pour détention illégale d’armes. Selon son avocate, il a été renvoyé en prison en 1993 sur la foi de renseignements du Shin Beth, gardés secrets. La détention administrative, qui relève d’une législation d’urgence, permet aux autorités militaires de détenir des personnes sans jugement pendant des périodes de quatre à six mois renouvelables. Ces détenus peuvent présenter des recours devant des tribunaux militaires et la Cour suprême, mais ces recours sont presque toujours rejetés pour des raisons de sécurité non explicitées. L’organisation des droits de l’homme israélienne «Portes Ouvertes» a dénoncé le maintien en prison de M. Barham. «Il est inhumain qu’un homme soit incarcéré plus de cinq ans sans avoir pu même prendre connaissance des accusations portées contre lui et sans qu’un juge ait pu interroger des témoins», a déclaré le porte-parole de cette organisation, Mme Ayelet Ofir-Oron. «Portes Ouvertes» lutte contre les internements administratifs et cherche à rapprocher des familles israéliennes et des familles de détenus, selon un porte-parole de l’organisation. Une cinquantaine de Palestiniens sont actuellement sous le coup d’une détention administrative et presque tous sont soupçonnés d’être des militants du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), selon «Portes Ouvertes». Il y a six mois on comptait plus de 200 détenus administratifs. (AFP)
La Cour suprême d’Israël a rejeté l’appel en vue de sa libération du plus ancien des internés administratifs, un Palestinien incarcéré depuis cinq ans sans procès, a-t-on appris de source judiciaire. M. Ossama Barham, 36 ans, «réclamait qu’un tribunal puisse examiner la valeur des témoignages recueillis contre lui par les services de sécurité intérieure israéliens, le Shin Beth», a indiqué son avocate israélienne, Me Tamar Peleg. La défense voulait pouvoir faire comparaître des témoins de l’accusation devant une cour militaire d’appel en espérant qu’une régularisation de la procédure judiciaire conduirait à sa libération. La Cour a rejeté cette demande se rangeant à l’avis des services de sécurité qui refusent de divulguer leurs sources d’informations et a annoncé qu’elle rendrait ses...
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