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Actualités - Chronologie

Crise russe : les marchés financiers nagent dans l'incertitude

Le marchés financiers, après une semaine sombre marquée par un repli généralisé des places boursières, ne semblent pas au bout de leur peine tant sont nombreuses les incertitudes liées à la Russie mais aussi à la poursuite de la crise asiatique. «Le refus de démission du président russe, annoncé vendredi, ne change pas fondamentalement les données du problème en Russie», a estimé Nathalie Ricœur-Nicolaï, économiste à la Caisse des dépôts et consignations à Paris, interrogé par l’AFP juste après l’intervention télévisée de Boris Eltsine. «Désormais, les marchés vont attendre l’issue des tractations» entre la Douma (chambre basse) et le premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine en vue d’un nouveau programme économique, a-t-elle ajouté. Dimanche, les télévisions russes ont annoncé la signature d’un projet d’accord politique entre le Kremlin, le gouvernement et les deux chambres du Parlement russe, prévoyant notamment la diminution des pouvoirs du président. Ce texte est censé ouvrir la voie à l’investiture lundi de M. Tchernomyrdine au poste de premier ministre. M. Tchernomyrdine est écartelé entre les exigences de rigueur du FMI et des Occidentaux, et la tentation d’une politique inflationniste et populiste qui lui assurerait un soutien politique solide des communistes, majoritaires à la Douma. Les opérateurs attendent également les résultats du sommet entre le président américain Bill Clinton et son homologue russe, mardi et mercredi à Moscou. La visite de Clinton sera un «test important» pour jauger le soutien des Etats-Unis envers Moscou, a estimé Tony Campione, analyste à la Société Générale à New York. Mais la Russie n’est pas le seul souci des marchés financiers. «Le Japon est vraiment notre principale préoccupation. C’est le pays à surveiller», a indiqué Plum Shipton, stratégiste pour les actions européennes chez Merrill Lynch. Marché volatil La bourse de Tokyo, déjà en chute jeudi, a dévissé vendredi jusqu’à son plus bas niveau depuis douze ans. «Les perspectives pour le marché japonais sont sombres», a indiqué Yasuyuki Tanaka, de Imagawa Securities. Autre source de préoccupation: l’Amérique latine gagnée à son tour par la crise. La bourse argentine a enregistré jeudi sa chute la plus importante de l’année, avec une baisse de 10,63%. Les ministres des Finances des pays d’Amérique latine doivent se réunir jeudi et vendredi à Washington, à l’invitation du Fonds monétaire international. Face à toutes ces incertitudes, les marchés devraient rester très volatils et nerveux en début de semaine. Dimanche, la bourse de Tel-Aviv, fermée les vendredi et samedi, a recommencé la semaine sur une baisse de près de 3% dès l’ouverture, après un recul de 3,05% jeudi. L’indice Dow Jones (Wall Street), à son plus bas niveau depuis le 30 janvier, pourrait ne pas avoir terminé sa correction, a estimé Hildegarde Zagorski, analyste chez Prudential Securities, également interrogée vendredi. En Allemagne, un analyste de la DG Bank pense que «le marché va rester très volatil et que la bourse de Francfort aura tendance à baisser». Un courtier d’une grande banque allemande estime au contraire que «cela va repartir, peut-être pas pour des raisons de fond, mais au moins à cause d’une réaction technique après les pertes de vendredi». A Paris, un analyste d’une société de bourse pense que «dès que les opérateurs auront repris leurs esprits, la chasse aux bonnes affaires pourra commencer car des valeurs ont été injustement massacrées». Les marchés boursiers occidentaux «sont à l’abri d’un plongeon durable», estime pour sa part Marc Touati, analyste pour les Banques populaires. Ils devraient en effet «bénéficier d’un nouvel afflux de capitaux à la recherche de sécurité», écrit-il dans une note de prévision, ajoutant que «les fondamentaux économiques américains et européens restent amplement favorables». En outre, la création de l’euro en janvier 1999 «ne manquera pas d’accentuer l’attraction des capitaux étrangers vers l’Europe», souligne-t-il. (AFP)
Le marchés financiers, après une semaine sombre marquée par un repli généralisé des places boursières, ne semblent pas au bout de leur peine tant sont nombreuses les incertitudes liées à la Russie mais aussi à la poursuite de la crise asiatique. «Le refus de démission du président russe, annoncé vendredi, ne change pas fondamentalement les données du problème en Russie», a estimé Nathalie Ricœur-Nicolaï, économiste à la Caisse des dépôts et consignations à Paris, interrogé par l’AFP juste après l’intervention télévisée de Boris Eltsine. «Désormais, les marchés vont attendre l’issue des tractations» entre la Douma (chambre basse) et le premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine en vue d’un nouveau programme économique, a-t-elle ajouté. Dimanche, les télévisions russes ont annoncé la...