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Actualités - Reportage

France : croissance solide en 1998, qui pourrait se ralentir en 1999

La croissance économique française semble solide cette année, mais elle pourrait être freinée en 1999 par la crise économique et financière actuelle, qui devrait peser sur les exportations françaises. Dominique Strauss-Kahn s’est montré très prudent sur les perspectives pour 1999, Bercy tablant officiellement sur une croissance de 2,8%, une prévision que certains économistes commencent à trouver optimiste. «En 1999, la croissance sera forte. Ce sera peut-être 2,8, 2,9 ou 2,7%, je choisirais plutôt le bas de la fourchette de la direction de la prévision», a-t-il expliqué, ajoutant que l’impact de la crise russe sur l’économie française sera «limité mais réel». Le gouvernement doit présenter le 9 septembre prochain ses nouvelles prévisions de croissance pour 1998 et 1999 dans le cadre de la présentation du budget. Pour 1998, Dominique Strauss-Kahn estime que la croissance pourrait être légèrement supérieure aux 3% actuellement prévus par le gouvernement. Le ministre français de l’Economie a précisé que les quatre pays européens du G7 (France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie) ont écrit au premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine, pour lui demander de prendre rapidement les mesures qui s’imposent, notamment fiscales, pour contenir la grave crise économique et financière que traverse le pays. Selon l’Institut de recherche économique allemand DIW, proche des syndicats, la crise financière russe pourrait s’étendre «comme une traînée de poudre» aux autres pays d’Europe de l’Est, ce qui aura un «énorme impact» sur l’économie allemande, qui réalise 10% de ses exportations dans la région. De sorte que, selon DIW, il sera bien difficile pour Bonn d’atteindre les 2% de croissance en 1999. Eric Chaney, économiste chez Morgan Stanley, observe pour sa part qu’environ 40% des exportations françaises vont vers les pays émergents. Si la crise russe se propageait par effet de domino à l’Amérique latine et aux pays d’Europe centrale et de l’Est, la croissance française pourrait également se trouver sérieusement ébranlée. L’Insee a annoncé une baisse de 0,3% de la production industrielle en juin (—0,4% hors alimentation et énergie). Sur 12 mois, elle progresse toutefois de 5,1% (+6,1% hors alimentation et énergie). Par ailleurs, le ministère de l’Emploi a annoncé une stabilité du nombre des demandeurs d’emploi en juillet avec un taux de chômage qui reste comme le mois précédent de 11,8%. Selon certains économistes, le taux de chômage devrait continuer de baisser pour atteindre environ 11,6% d’ici fin 1998. Le niveau de la production industrielle reste actuellement suffisant pour alimenter une croissance de près de 3% en 1998, ajoutent-ils. Reste que l’essoufflement de la production observé au cours des derniers trimestres laisse présager un ralentissement de la croissance l’an prochain. «Il y a un ralentissement (de la production industrielle) au premier trimestre en raison de la crise en Asie, mais le 2e trimestre reste stable, la demande intérieure compensant le ralentissement des exportations», note Philippe Gudin de Vallerin, économiste chez Goldman Sachs. «Pour les biens de consommation, la demande intérieure accélère, mais les exportations de biens de consommation vers les pays en crise baissent, donc la balance est neutre», ajoute-t-il. Eric Chaney relève que la croissance de la production industrielle est un peu moins forte chaque trimestre depuis le deuxième trimestre 1997. Sur une base non annualisée, la production industrielle était de 2,8% au 2e trimestre 1997 par rapport au trimestre précédent, elle était de 2,2% au 3e trimestre, de 1,8% au 4e trimestre et de 1,3% au 1er trimestre 1998, souligne-t-il, ajoutant qu’il attend un recul de 0,3% au 2e trimestre 1998. «Il y a un ralentissement, cette série de chiffres est extrêmement éclairante: le premier semestre 1998 était assez bon mais il y a eu un ralentissement au second semestre et la grande question, c’est 1999», ajoute-t-il. (Reuters)
La croissance économique française semble solide cette année, mais elle pourrait être freinée en 1999 par la crise économique et financière actuelle, qui devrait peser sur les exportations françaises. Dominique Strauss-Kahn s’est montré très prudent sur les perspectives pour 1999, Bercy tablant officiellement sur une croissance de 2,8%, une prévision que certains économistes commencent à trouver optimiste. «En 1999, la croissance sera forte. Ce sera peut-être 2,8, 2,9 ou 2,7%, je choisirais plutôt le bas de la fourchette de la direction de la prévision», a-t-il expliqué, ajoutant que l’impact de la crise russe sur l’économie française sera «limité mais réel». Le gouvernement doit présenter le 9 septembre prochain ses nouvelles prévisions de croissance pour 1998 et 1999 dans le cadre de la présentation du...