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Actualités - Chronologie

Rien, ou presque, n'a changé au sein de la société britannique

Un an après la vague de tristesse qui s’est emparée de la société britannique à la mort de Diana, peu de choses ont apparemment changé dans la culture du pays, toujours marquée par son individualisme et son consumérisme. Le caractère traditionnel du Britannique — peu démonstratif et plutôt intériorisé — reste inchangé malgré l’influence grandissante des talk shows à l’américaine où les participants sont encouragés à se dévoiler. «La mort de Diana n’a pas réussi là où 100 années de psychothérapie ont échoué, a estimé le Dr Rodney Barker, de la London School of Economics. Les donations n’ont pas augmenté et les gens ne sont pas plus proches des vieilles dames dans la rue». Toutefois, la vague d’émotion sans précédent déclenchée à la mort soudaine de la princesse et aux valeurs de générosité qu’elle véhiculait a laissé une marque, malgré les commentaires de certains journalistes qui y voyaient de l’hystérie collective. Cette ferveur a permis d’affaiblir le tabou culturel britannique au sujet des manifestations publiques d’émotion, qui n’étaient seulement visibles, par le passé, que lors des matches de football. Et, plus important, cela a donné une ouverture d’esprit aux gens. «La mort de Diana et ses répercussions sont une expérience que personne d’entre nous n’avait vécu dans le pays et qui sans doute ne se reproduira plus», a déclaré Richard Harding, auteur et réalisateur d’une pièce de théâtre sur la semaine qui a suivi la mort de Diana. «C’est comme la mort de Kennedy — chacun se souvient du lieu où il était à ce moment-là. Le temps a semblé avoir ralenti cette semaine là», a relevé l’auteur de la pièce «Flowers in the Park», présentée cette année au festival d’Edimbourg. La force de la réaction populaire a montré des liens communs à la société et une vision moins matérialiste du monde, a estimé l’éminent psychologue irlandais Brayan Scott-McCarthy. Romantisme M. Scott-McCarthy, qui participait récemment à un colloque sur la mort de Diana au pays de Galles, a estimé que la cause essentielle du chagrin britannique provenait de «l’appauvrissement de l’imagination». «L’attraction exercée par la princesse Diana était quelque chose qui allait au-delà du fait et du mesurable. C’est pourquoi, les gens ont été autant touchés car c’est précisément le genre de chose dont ils ont besoin», a-t-il poursuivi. «Elle représentait une solution imaginaire à la vie, (une solution) romantique et possible, dans un sens, pour tout le monde», a-t-il indiqué. Wydee Hoogewegen, 90 ans, une aristocrate écossaise qui a survécu aux deux guerres mondiales, a dit que sa réaction l’avait surprise elle-même. «J’ai parlé de sa mort à plusieurs personnes à qui je n’avais parlé de tels sujets auparavant», a-t-elle admis. Mais la semaine qui a suivi la mort de la princesse, avec des dizaines de milliers de personnes devant le palais de Kensington, l’ancienne demeure de la princesse, et deux millions de personnes au cortège funèbre, pourrait ne pas avoir reflété les sentiments de la nation entière. Un film de la BBC, qui sera diffusé le 6 septembre, montre l’indifférence du public, son cynisme et même son agressivité le jour des funérailles de Diana. «Beaucoup de gens pourraient en avoir assez des hagiographies larmoyantes au sujet de Diana. La nation n’était pas unie dans la douleur», a observé le réalisateur du film, Colin Luke. Un haut représentant de l’Eglise anglicane, l’archevêque d’York, a pour sa part recemment appelé les gens à cesser de se «complaire» dans la mort de Diana, et affirmé que le pays était en danger de «trop se raccrocher à l’icône» (Diana). Mais le premier ministre britannique Tony Blair, qui avait compris la ferveur populaire à la mort de Diana, la surnommant dans un éloge émouvant, «la princesse du peuple», est un homme politique rusé. Pour M. Blair, les Britanniques veulent conserver les avantages matériels des années 80 mais se sentent mieux dans le monde d’aujourd’hui et l’icône Diana est un puissant symbole de ce désir de changement. (AFP)
Un an après la vague de tristesse qui s’est emparée de la société britannique à la mort de Diana, peu de choses ont apparemment changé dans la culture du pays, toujours marquée par son individualisme et son consumérisme. Le caractère traditionnel du Britannique — peu démonstratif et plutôt intériorisé — reste inchangé malgré l’influence grandissante des talk shows à l’américaine où les participants sont encouragés à se dévoiler. «La mort de Diana n’a pas réussi là où 100 années de psychothérapie ont échoué, a estimé le Dr Rodney Barker, de la London School of Economics. Les donations n’ont pas augmenté et les gens ne sont pas plus proches des vieilles dames dans la rue». Toutefois, la vague d’émotion sans précédent déclenchée à la mort soudaine de la princesse et aux valeurs de...