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Actualités - Chronologie

Les industriels étrangers en pleine tempête financière et fiscale

Les Occidentaux qui vendent ou produisent en Russie, harcelés par le fisc et malmenés par la bourrasque financière, s’accrochent encore à un pays qui fut un eldorado ces dernières années, convaincus qu’il ne faut pas quitter un marché de 150 millions d’habitants. La crise des derniers mois a cependant provoqué des bouleversements en cascade pour l’environnement des affaires. L’Etat, confronté à un endettement exponentiel, a lancé cet été une chasse impitoyable aux recettes fiscales, employant une police cagoulée et armée digne de la pire époque soviétique. Mardi, la communauté internationale des hommes d’affaires de Moscou a publié une lettre ouverte au président Boris Eltsine: «Les méthodes utilisées par les services fiscaux (...) provoquent une inquiétude croissante (...) dans la communauté internationale en Russie. Nous avons l’impression que l’intensité des actions entreprises par les services fiscaux contre les étrangers dépasse largement celle mise en œuvre contre les contribuables russes», indique la lettre. «A l’heure où d’autres pays se lancent dans une compétition pour attirer l’investissement étranger, en particulier en créant un climat fiscal favorable», la Russie s’engage dans une voie différente «en espérant obtenir des investissement étrangers sans investisseurs étrangers», poursuit le texte, cosigné par trois associations d’hommes d’affaires étrangers. «La plupart des sociétés ne plient pas bagage après la première provocation. Mais plusieurs grosses firmes sont prêtes à prendre la décision» de quitter la Russie, avertit le président de la Chambre de commerce américaine Scott Blacklin. Les entreprises affiliées à la Chambre de commerce américaine «nous rapportent de plus en plus de cas de harcèlement, de saisies de comptes bancaires sans respect des procédures, de menaces personnelles directes contre le personnel expatrié, de non-respect de décisions de justice en faveur d’entreprises américaines, de refus de se conformer aux traités internationaux...», poursuit M. Blacklin. «Si vous ne pouvez pas évaluer vos risques, vous ne pouvez pas les gérer. Et cela complique énormément la prise de décision quand il faut investir dans un projet», explique un homme d’affaires américain. La dévaluation du rouble, le 17 août, suivie dimanche d’un changement de gouvernement, a encore ajouté à la confusion, laissant la plupart des managers occidentaux dans une expectative inquiète. Le groupe pétrolier français Elf a annoncé officiellement mardi qu’il renonçait à un projet d’alliance stratégique avec le groupe pétrolier russe Sibneft, «en considération de l’évolution économique récente». «Ces dernières semaines, Elf a été fortement préoccupé par le climat de volatilité des marchés financiers à travers le monde, notamment en Russie», précise le groupe dans un communiqué. Malgré la chute du rouble, la baisse du pouvoir d’achat prévisible des Russes et le renchérissement des biens d’importation, les perspectives à long terme ne semblent pas dramatiques pour les étrangers en Russie, notamment pour les vendeurs de biens de consommation, qui ont vu leurs bénéfices exploser d’année en année. (AFP)
Les Occidentaux qui vendent ou produisent en Russie, harcelés par le fisc et malmenés par la bourrasque financière, s’accrochent encore à un pays qui fut un eldorado ces dernières années, convaincus qu’il ne faut pas quitter un marché de 150 millions d’habitants. La crise des derniers mois a cependant provoqué des bouleversements en cascade pour l’environnement des affaires. L’Etat, confronté à un endettement exponentiel, a lancé cet été une chasse impitoyable aux recettes fiscales, employant une police cagoulée et armée digne de la pire époque soviétique. Mardi, la communauté internationale des hommes d’affaires de Moscou a publié une lettre ouverte au président Boris Eltsine: «Les méthodes utilisées par les services fiscaux (...) provoquent une inquiétude croissante (...) dans la communauté...