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Actualités - Chronologie

La rébellion congolaise divise l'Afrique

La rébellion militaire contre le président congolais Laurent-Désiré Kabila divise profondément les pays d’Afrique centrale et australe, tous dans le même camp il y a un peu plus d’un an pour se débarrasser du maréchal Mobutu Sese Seko. Deux pays des Grands Lacs, le Rwanda et l’Ouganda, se sont rangés du côté de la rébellion tandis que sur les bords de l’océan Atlantique et de l’océan Indien le Zimbabwe et l’Angola interviennent militairement aux côtés du président Kabila. Au sein même de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui regroupe 14 pays, le président sud-africain Nelson Mandela a réussi difficilement à limiter les divergences en obtenant un appel à un cessez-le-feu immédiat. Mis à part l’Angola et le Zimbabwe, les autres membres de la SADC souhaitent un règlement pacifique tout en reconnaissant la légitimité du régime de Laurent-Désiré Kabila. Lancée début août dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) par des soldats en majorité Banyamulengue (Tutsis congolais d’origine rwandaise), la rébellion a reçu dès l’origine le soutien du Rwanda et de l’Ouganda. Autrefois les premiers parrains du rebelle Kabila dans sa marche victorieuse contre le président Mobutu, ils sont toujours soucieux de la situation anarchique régnant dans les provinces orientales du Kivu qui favorise l’activité des rébellions auxquelles ils doivent faire face sur leur propre territoire. Kinshasa a accusé Kigali et Kampala d’intervenir militairement aux côtés des rebelles, affirmant avoir affaire à une «invasion» menée par le Rwanda et l’Ouganda. Ils ont tout deux démenti. Dans le camp des alliés objectifs de la rébellion qui affirme bénéficier du soutien de la France et des Etats-Unis, se range également le Burundi, limitrophe du sud-Kivu. Toutefois ses gouvernants se sont gardés de prendre position et le ministre de la Défense lui-même a exclu toute participation. Face aux exigences premières des rebelles qui réclamaient le départ du président Kabila, la plupart des leaders de la région ont pris position, avec plus ou moins d’enthousiasme, en faveur d’une continuité politique à Kinshasa. L’engagement angolais L’Angola s’est engagé plus avant en envoyant des troupes samedi aux côtés des forces loyalistes, infligeant ses premières défaites à la rébellion dans le sud-ouest du pays. Le président Edouardo dos Santos était déjà allié de M. Kabila dans son offensive contre le maréchal Mobutu pour garantir sa propre sécurité face aux éléments de l’UNITA qui possédait encore des sanctuaires dans le Zaïre d’alors. Le président zimbabwéen Robert Mugabe avait repris à son compte les accusations de Kinshasa, accusant le Rwanda d’être directement impliqué dans le conflit. «Une menace contre l’un des membres de la SADC est une menace contre toute la région», avait dit M. Mugabe. Ces déclarations avaient suscité de vives réactions de la part d’autres pays membres de la SADC comme l’Afrique du Sud et du Botswana qui avaient fait savoir qu’ils n’avaient aucune intention d’intervenir. L’Afrique du Sud a réaffirmé son influence diplomatique en faisant adopter par la SADC un appel au cessez-le feu immédiat entre le pouvoir de Laurent-Désiré Kabila et les rebelles. Même si l’Angola n’avait envoyé personne au sommet de Pretoria, 13 des 14 pays de la SADC étaient représentés, ainsi que les présidents rwandais et ougandais. Le communiqué final, adopté à l’unanimité, a posé les bases d’une possible trêve en RDC avec deux points-clés: la reconnaissance de la légitimité de Kabila et, en contrepartie, la nécessité pour lui d’accélérer le dialogue politique et le processus de préparation d’élections démocratiques. La rébellion a accueilli positivement ces propositions, se déclarant prête à négocier pour éviter une internationalisation du conflit. En revanche, Kinshasa a posé des conditions au cessez-le-feu, en réclamant comme préalable «le retrait immédiat des troupes» rwandaises et ougandaises. L’hypothèse d’une destitution rapide du président Kabila semble donc écartée, d’autant qu’il bénéficie de la peur de certains chefs d’Etat africains qui craignent une extension de la domination tutsie dans l’Afrique des Grands Lacs. Le président kenyan Daniel arap Moi s’est exprimé en faveur du président congolais, le chef de l’Etat tanzanien Benjamin Mkapa a plaidé en faveur d’une solution négociée, voulant à tout prix éviter un nouvel exode de réfugiés dans la région. L’Organisation de l’unité africaine (OUA) avait demandé dès le début de la semaine dernière aux rebelles de «déposer immédiatement les armes et de rechercher un dialogue constructif avec le gouvernement». (AFP - Reuters)
La rébellion militaire contre le président congolais Laurent-Désiré Kabila divise profondément les pays d’Afrique centrale et australe, tous dans le même camp il y a un peu plus d’un an pour se débarrasser du maréchal Mobutu Sese Seko. Deux pays des Grands Lacs, le Rwanda et l’Ouganda, se sont rangés du côté de la rébellion tandis que sur les bords de l’océan Atlantique et de l’océan Indien le Zimbabwe et l’Angola interviennent militairement aux côtés du président Kabila. Au sein même de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui regroupe 14 pays, le président sud-africain Nelson Mandela a réussi difficilement à limiter les divergences en obtenant un appel à un cessez-le-feu immédiat. Mis à part l’Angola et le Zimbabwe, les autres membres de la SADC souhaitent un règlement...