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Actualités - Chronologie

L'inculpation d'un cardinal fait des remous en Italie et au Vatican

L’inculpation samedi, pour usure, du cardinal-archevêque de Naples (sud), Michele Giordano, suscite des remous en Italie ainsi qu’au Vatican, dont le porte-parole a critiqué hier les méthodes employées par la justice italienne. «Le Saint siège suit avec attention cette affaire. La façon dont a été traité un évêque et cardinal méritant touche aux problèmes des rapports Eglise-Etat», a déclaré à la presse le porte-parole, Joaquin Navarro. Le Vatican a cependant précisé qu’il ne se prononçait pas sur les accusations, mais sur la façon dont avait été traité le cardinal. Le procureur de Potenza, près de Naples, Michelangelo Russo, accompagné d’une trentaine de policiers, a délivré samedi un «avviso di garanzia» pour usure, l’équivalent italien de l’inculpation, au cardinal, assorti d’un mandat de perquisition. Le cardinal a remis spontanément aux enquêteurs la documentation en sa possession et la perquisition n’a pas été nécessaire. Le procureur avait fait arrêter jeudi le frère du cardinal, Mario Lucio Giordano, entrepreneur accusé d’association de malfaiteurs, appropriation illicite, extorsion et usure. Un ancien directeur de l’agence de la banque Banco di Napoli, à Sant’Arcangelo, Filippo Lemma, a également été arrêté jeudi dernier à Rimini dans le cadre de la même enquête sur l’usure. Selon les enquêteurs, les deux hommes auraient proposé, via une société baptisée «coopérative du crédit», fondée en février 1996, des prêts à des taux allant jusqu’à 400% l’an à des entrepreneurs en difficulté. Concernant le cardinal, les enquêteurs, selon des sources judiciaires, s’interrogent sur de multiples mouvements sur les nombreux comptes bancaires du haut prélat d’un montant de plusieurs centaines de millions de lires (un million de lires équivaut à environ 570 dollars). Il avait mis également à la disposition de son frère des chèques en blanc, pré-signés, et approvisionnés sur un compte personnel à l’agence bancaire où travaillait Filippo Lemma. Cette affaire a suscité d’autant plus de stupeur en Italie que le cardinal Giordano était connu pour ses appels à la lutte contre l’usure dans une région, terre de la Camorra (mafia napolitaine), où ce phénomène est très répandu. Le cardinal s’est d’abord déclaré «serein», affirmant qu’il n’avait rien à se reprocher. Puis il a contre-attaqué dimanche lors d’une conférence de presse, estimant que la «souveraineté de l’Eglise avait été violée» notamment par l’utilisation d’écoutes téléphoniques. Il a souligné qu’il possédait un passeport diplomatique du Vatican en tant que cardinal et qu’existait un principe de souveraineté qui ne pouvait être violé. (AFP)
L’inculpation samedi, pour usure, du cardinal-archevêque de Naples (sud), Michele Giordano, suscite des remous en Italie ainsi qu’au Vatican, dont le porte-parole a critiqué hier les méthodes employées par la justice italienne. «Le Saint siège suit avec attention cette affaire. La façon dont a été traité un évêque et cardinal méritant touche aux problèmes des rapports Eglise-Etat», a déclaré à la presse le porte-parole, Joaquin Navarro. Le Vatican a cependant précisé qu’il ne se prononçait pas sur les accusations, mais sur la façon dont avait été traité le cardinal. Le procureur de Potenza, près de Naples, Michelangelo Russo, accompagné d’une trentaine de policiers, a délivré samedi un «avviso di garanzia» pour usure, l’équivalent italien de l’inculpation, au cardinal, assorti d’un mandat de...