Les fermiers sierra-léonais ruinés par les rebelles en déroute
le 22 août 1998 à 00h00
Ruinés par les rebelles en déroute qui ont pillé et brûlé leurs récoltes, les fermiers sierra-léonais estiment qu’il leur faudra au moins un an pour se relever. Dans la région de Bo, la deuxième ville du pays, située à 170 kilomètres à l’est de la capitale, c’est la désolation: des centaines d’hectares de rizières ou de champs de maïs ont été brûlés par les partisans de la junte, chassée de Freetown en mars dernier par la force ouest-africaine, l’ECOMOB. Officiellement, le nombre des fermes brûlées ou détruites par ces combattants en déroute n’est pas connu. Mais selon des sources indépendantes, plus de 2.000 installations agricoles auraient été la cible des rebelles, dont environ 500 dans la région de Bo. «Je suis complètement ruiné depuis que les soldats de la junte ont lancé des grenades sur ma rizière», raconte, au bord des larmes, un agriculteur de 58 ans, Musa Bindi. Autrefois prospère, cet agriculteur explique qu’il avait investi jusqu’à 20.000 dollars en fertilisants et en main-d’œuvre, avant qu’une attaque ne le prive d’une récolte qui devait faire un bond et lui rapporter une somme estimée à 100.000 dollars. «De nombreux acheteurs potentiels avaient manifesté leur intérêt pour ma production», dit Bindi. «J’ai perdu beaucoup d’hommes: certains ont été massacrés par les rebelles, d’autres ont simplement pris la fuite», ajoute-t-il. De nombreux autres fermiers ont connu les mêmes déboires. Darboh Kallon a vu son champ de maïs et la moissonneuse-batteuse, qu’il louait à la coopérative locale, partir en fumée. (AFP)
Ruinés par les rebelles en déroute qui ont pillé et brûlé leurs récoltes, les fermiers sierra-léonais estiment qu’il leur faudra au moins un an pour se relever. Dans la région de Bo, la deuxième ville du pays, située à 170 kilomètres à l’est de la capitale, c’est la désolation: des centaines d’hectares de rizières ou de champs de maïs ont été brûlés par les partisans de la junte, chassée de Freetown en mars dernier par la force ouest-africaine, l’ECOMOB. Officiellement, le nombre des fermes brûlées ou détruites par ces combattants en déroute n’est pas connu. Mais selon des sources indépendantes, plus de 2.000 installations agricoles auraient été la cible des rebelles, dont environ 500 dans la région de Bo. «Je suis complètement ruiné depuis que les soldats de la junte ont lancé des grenades...
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