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Actualités - Chronologie

La CIA a contribué à créer les refuges terroristes en Afghanistan

L’aide accordée par la CIA aux forces antisoviétiques en Afghanistan dans les années 80 a paradoxalement contribué à créer le terrorisme basé dans ce pays, estiment les analystes à Kaboul. La lutte menée par l’ancien président Ronald Reagan semble aujourd’hui avoir un effet de boomerang alors que Washington se prépare à engager une longue croisade contre les terroristes basés en Afghanistan, dont Oussama Ben Laden, accusé d’avoir organisé les attentats à la bombe contre les ambassades américaines en Afrique de l’Est. «Pendant les années 80, les Etats-Unis ont versé aveuglément des sommes d’argent à tout groupe affirmant lutter contre l’Armée rouge, sans tenir compte de leur idéologie ou de leurs lettres de créance», a expliqué une source diplomatique occidentale. «Or, un des récipiendaires de cette aide s’est trouvé être Ben Laden, qui a enrôlé, avec l’approbation tacite des Etats-Unis, des milliers de musulmans fondamentalistes arabes pour sa cause», selon la même source. La «guerre sainte» contre l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques en 1979 a attiré des milliers de volontaires musulmans étrangers venus défendre la cause de la libération de l’Afghanistan, qui ont afflué dans des camps installés dans les montagnes isolées du pays. Les Etats-Unis, plutôt que de superviser directement l’opération, ont préféré convoyer leurs fonds et leurs armes – dont des redoutables missiles antiaériens Stinger – par le biais des services secrets pakistanais qui ont soutenu l’installation des camps. «La politique non-interventionniste des Etats-Unis dans une guerre par procuration a permis à des individus comme Ben Laden et à ses milliers de partisans arabes d’avoir accès aux fonds de la CIA avec une relative facilité et mettre en place des bases opérationnelles performantes en Afghanistan», a expliqué un observateur. Sanctuaire idéal Des sources diplomatiques et des services secrets dans le Pakistan voisin estiment que nombre de ces installations sont encore opérationnelles et que des extrémistes musulmans venus de pays comme l’Algérie, le Yémen, le Koweit, le Cachemire indien et le Soudan, continuent d’y recevoir armes et entraînement. Selon ces sources, les camps sont concentrés autour de la ville de Khost, à environ 120 km au sud de Kaboul et à 20 km de la frontière pakistanaise, ainsi que près de la ville orientale de Jalalabad, à 120 km à l’est de Kaboul. Depuis le retrait soviétique en 1989, des combattants musulmans aguerris par leurs combats en Afghanistan sont apparus en Bosnie, dans le Cachemire sous administration indienne, en Algérie, en Azerbaïdjan, et en Tchéchénie. Englué par la guerre civile et oublié par la communauté internationale, l’Afghanistan est devenu le sanctuaire idéal qui a permis à des groupes dissidents de devenir florissants. «Le prétendu monstre avec lequel les Etats-Unis sont entrés en guerre est, de façon paradoxale, quelque chose qu’ils ont contribué à créer et qui risque d’être difficile à détruire», note un observateur militaire. Les Taliban, qui affirment avoir fondé l’Etat islamique le plus pur au monde, continuent à assurer que Ben Laden n’a pas de liens avec les attaques contre les intérêts américains et démentent l’existence de camps d’entraînement de terroristes en Afghanistan. Parallèlement, ils restent déterminés à ne pas extrader Ben Laden, même si de solides preuves l’impliquent dans les attentats de Nairobi et de Dar es-Salaam. Les Taliban estiment que l’extradition de Ben Laden serait contraire aux traditions islamiques et afghanes d’hospitalité envers un homme qui entretient des contacts étroits avec les directions des mouvements les plus radicaux. «Désormais, les Etats-Unis sont entrés en guerre ouverte avec un ennemi insaisissable, ils jouent à leur tour le rôle de la superpuissance qui tente d’éradiquer un ennemi bien caché dans les montagnes et espèrent réussir là où les Soviétiques ont échoué», relève un analyste occidental.
L’aide accordée par la CIA aux forces antisoviétiques en Afghanistan dans les années 80 a paradoxalement contribué à créer le terrorisme basé dans ce pays, estiment les analystes à Kaboul. La lutte menée par l’ancien président Ronald Reagan semble aujourd’hui avoir un effet de boomerang alors que Washington se prépare à engager une longue croisade contre les terroristes basés en Afghanistan, dont Oussama Ben Laden, accusé d’avoir organisé les attentats à la bombe contre les ambassades américaines en Afrique de l’Est. «Pendant les années 80, les Etats-Unis ont versé aveuglément des sommes d’argent à tout groupe affirmant lutter contre l’Armée rouge, sans tenir compte de leur idéologie ou de leurs lettres de créance», a expliqué une source diplomatique occidentale. «Or, un des récipiendaires de...