L’écrasement du «Printemps de Prague» a durablement modifié le paysage politique européen et sonné le glas des partis communistes orthodoxes, estiment les analystes. «Vingt ans avant la chute du Mur de Berlin, qui enterra le communisme totalitaire en Europe de l’Est, l’écrasement du «Printemps de Prague» par les chars soviétiques a porté le coup de grâce au mouvement communiste international», souligne l’historien français d’origine hongroise François Fejto, l’un des plus grands spécialistes de l’Europe de l’Est. Malgré la timidité de la réforme – maintien du parti unique et des dogmes sacro-saints du marxisme-léninisme –, le «socialisme à visage humain» avec sa liberté d’expression, l’abolition de la censure, a eu un «immense impact» sur les partis communistes et sur la gauche occidentale en général, rappelle François Fejto. Prague, siège de la plupart des organisations satellites du communisme international (Association des journalistes, des femmes, des jeunes, des syndicats) avait bénéficié d’un statut spécial vis-à-vis des partis communistes occidentaux et d’une notoriété certaine auprès des socialistes. Aussi, la fin brutale mise à l’ébauche de réformes en Tchécoslovaquie a soulevé une immense émotion, ayant conduit au bord de l’implosion le Parti communiste français qui, douze ans auparavant, avait pourtant salué la répression de l’insurrection de Budapest de 1956. Le prestige du PCF a été singulièrement écorné, ses élites intellectuelles, parmi lesquelles l’écrivain Louis Aragon, l’ont désavoué. Démenti politique L’expérience pragoise, souligne François Fejto, n’en a pas moins été une référence pour les chefs des partis communistes italien Enrico Berlinguer, français Waldeck-Rochet et espagnol Santiago Carrillo, artisans de l’euro-communisme, un communisme moderne non inféodé à Moscou. Son écrasement par l’armée soviétique a «opposé un démenti politique à une possible réforme du communisme et conduit à terme les partis communistes occidentaux, sauf le PCF, à changer leurs noms et leurs programmes», en opérant un glissement vers la social-démocratie, analyse François Fejto. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’écrasement du «Printemps de Prague» a durablement modifié le paysage politique européen et sonné le glas des partis communistes orthodoxes, estiment les analystes. «Vingt ans avant la chute du Mur de Berlin, qui enterra le communisme totalitaire en Europe de l’Est, l’écrasement du «Printemps de Prague» par les chars soviétiques a porté le coup de grâce au mouvement communiste international», souligne l’historien français d’origine hongroise François Fejto, l’un des plus grands spécialistes de l’Europe de l’Est. Malgré la timidité de la réforme – maintien du parti unique et des dogmes sacro-saints du marxisme-léninisme –, le «socialisme à visage humain» avec sa liberté d’expression, l’abolition de la censure, a eu un «immense impact» sur les partis communistes et sur la gauche...