Les démocrates, qui préparent, moroses, les élections législatives de novembre, ont du mal à serrer les rangs autour du président Bill Clinton après sa confession télévisée de lundi. Aux éditoriaux furibonds de la presse américaine, dénonçant les excuses insuffisantes de M. Clinton et aux déclarations attristées de représentants démocrates, s’est ajouté l’appel à la démission en provenance d’un membre du parti du président. «Le parjure n’est pas compensé par des excuses présentées (du fait de l’existence) de preuves accablantes et sous la pression», a déclaré dans un communiqué le représentant démocrate de Pennsylvanie, Paul McHale. «Ce n’est plus une question de morale privée ou de succès politique», a affirmé M. McHale, qui ne se représente pas aux élections. «Nous pourrions certainement épargner au pays une bonne dose de souffrance en piétinant l’Etat de droit. C’est un prix trop élevé à payer. Avec une profonde tristesse, j’en ai conclu que le président doit démissionner ou faire l’objet d’une procédure de destitution», a ajouté M. McHale. Mais la réaction du sénateur démocrate de Californie, Dianne Feinstein, fidèle de longue date qui avait soutenu M. Clinton lorsqu’il avait démenti, en janvier dernier, toute relation sexuelle avec Mlle Lewinsky, a sans doute été encore plus douloureuse pour le chef d’Etat. «Je le croyais, a déclaré dans un communiqué Mme Feinstein. Ses commentaires... me plongent dans une tristesse profonde (car) ma confiance (...) a été brisée». Des sondages récents montrent que M. Clinton engrange encore une majorité d’opinions favorables sur son action à la tête de l’Etat. Sur un plan plus personnel, les opinions favorables s’effritent, avec une chute de 20 points, assortie d’une forte hausse des opinions négatives. Lot de consolation Les porte-parole de plusieurs représentants contactés au téléphone ont refusé de spéculer sur les retombées électorales de la confession de Clinton. Mais les commentaires sombres de politologues, prédisant que M. Clinton n’aurait désormais plus aucune influence sur le Congrès républicain et ne pourrait aider ses partisans démocrates à reprendre la Chambre des représentants, se sont succédé. «Il va avoir beaucoup de difficultés face au Congrès, qu’il n’a pas réussi à attendrir avec ses excuses», a estimé le professeur Allan Lichtman de l’Université américaine de Washington. Le président du comité électoral démocrate du Congrès, Martin Frost, a cependant pris la défense du président et a mis en garde les républicains contre une utilisation électorale du scandale. «Les républicains commettraient une erreur en utilisant cette affaire de manière partisane», a déclaré M. Frost. Seul lot de consolation pour M. Clinton: les fonds collectés depuis le début de l’année par le comité de campagne démocrate ont atteint, le 30 juin dernier, un niveau jamais égalé de 24,7 millions de dollars, selon une porte-parole du comité. Le président a d’ailleurs promis d’assister à 11 réceptions en vue de collecter quelque 18 millions de dollars pour aider les démocrates à affronter le scrutin législatif de novembre, selon la porte-parole Olivia Morgan. Sa présence «constituera, de manière évidente, une aide énorme», a-t-elle expliqué, ajoutant que le scandale «n’a eu aucun impact négatif» sur les collectes. «Les gens donnent davantage», a-t-elle dit. Dae Levine, qui dirige une entreprise new-yorkaise de conseil se concentrant sur les candidats démocrates, a déclaré qu’«il y a eu très peu de changement», dans le soutien à ces derniers. Mais, selon Mme Levine, les conséquences pourraient être moins visibles: «J’ai constaté un changement de l’opinion que les électeurs se font de la politique en général, voire un mécontentement face au système politique dans sa globalité», a-t-elle déclaré. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les démocrates, qui préparent, moroses, les élections législatives de novembre, ont du mal à serrer les rangs autour du président Bill Clinton après sa confession télévisée de lundi. Aux éditoriaux furibonds de la presse américaine, dénonçant les excuses insuffisantes de M. Clinton et aux déclarations attristées de représentants démocrates, s’est ajouté l’appel à la démission en provenance d’un membre du parti du président. «Le parjure n’est pas compensé par des excuses présentées (du fait de l’existence) de preuves accablantes et sous la pression», a déclaré dans un communiqué le représentant démocrate de Pennsylvanie, Paul McHale. «Ce n’est plus une question de morale privée ou de succès politique», a affirmé M. McHale, qui ne se représente pas aux élections. «Nous pourrions...