Le procès des 138 membres du réseau islamiste «Chalabi» s’est ouvert mardi sur un coup d’éclat des avocats de la défense qui ont quitté la salle — un gymnase aménagé proche de la prison — en compagnie des 82 prévenus qui comparaissaient libres. Auparavant, la plupart des avocats avaient demandé le renvoi du procès. En début de soirée, le tribunal est passé outre en décidant que les débats reprendront mercredi en début d’après-midi, a annoncé le président Bruno Steinmann. Les 138 prévenus sont accusés d’avoir approvisionné en armes le Groupe islamique armé (GIA) algérien ou participé à la logistique du principal mouvement clandestin algérien, mais pas aux attentats sanglants de 1995 en France (13 morts). La demande de report des avocats de la défense s’appuyait en particulier sur le fait que le lieu ou se déroule le procès — un gymnase de l’administration pénitentiaire situé à proximité de la prison de Fleury-Merogis, au sud de Paris — doit nuire à l’équité des débats. «Depuis le début, nous sommes en face de violations constantes du droit à la défense. C’est pour cela que nous demandons le renvoi de ce procès devant une justice sereine, ordinaire, dans un palais de justice», avait déclaré Me Jean-Jacques de Felice. «Nous sommes dans le procès indigne, le procès que la Convention européenne des droits de l’homme condamne», avait-t-il ajouté en stigmatisant «une justice d’exception». Il concluait en demandant au président de «renvoyer ce procès, parce que nous sommes à Fleury-Mérogis, parce que la justice qui se tient à un niveau de stade ou de prison nous est insupportable». Pour le président Bruno Steinmann, l’incident est «joint au fond». Cette formule signifie que les remarques des avocats sur les conditions de tenue du procès seront examinées par le tribunal en même temps que l’examen du fond du dossier. Pour ce procès hors norme, quelque 10 millions de FF (1,6 million de dollars) ont été engagés par le ministère de la Justice pour transformer le gymnase en salle de tribunal. Dès l’ouverture, l’un des principaux prévenus, Mohammed Chalabi, a donné le ton en se déclarant de «nationalité musulmane». «Je n’ai rien à voir avec la junte militaire. Eux ils sont Algériens, moi je suis musulman», a-t-il déclaré à l’énoncé de son identité. Le réseau, qui porte le nom de quatre frères prévenus, avait été démantelé en 1994 et 1995 dans toute la France. Sur les 27 prévenus détenus, cinq ont refusé d’être extraits de leurs cellules et n’ont donc pas assisté mardi à l’ouverture de l’audience. Parmi eux figure Mohammed Kerrouche, 38 ans, alias «Salim», considéré comme l’idéologue du réseau. Il avait été arrêté le 2 avril 1996 en Grande-Bretagne et remis à la France en décembre dernier. Le plus grand procès d’islamistes jamais tenu en France par le nombre de prévenus devrait durer deux mois. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le procès des 138 membres du réseau islamiste «Chalabi» s’est ouvert mardi sur un coup d’éclat des avocats de la défense qui ont quitté la salle — un gymnase aménagé proche de la prison — en compagnie des 82 prévenus qui comparaissaient libres. Auparavant, la plupart des avocats avaient demandé le renvoi du procès. En début de soirée, le tribunal est passé outre en décidant que les débats reprendront mercredi en début d’après-midi, a annoncé le président Bruno Steinmann. Les 138 prévenus sont accusés d’avoir approvisionné en armes le Groupe islamique armé (GIA) algérien ou participé à la logistique du principal mouvement clandestin algérien, mais pas aux attentats sanglants de 1995 en France (13 morts). La demande de report des avocats de la défense s’appuyait en particulier sur le fait que le...