Les électeurs panaméens ont rejeté une réforme de la Constitution qui aurait permis au président social-démocrate Ernesto Pérez de briguer un second mandat, lors d’un référendum qui s’est déroulé dans le calme et a connu un faible taux de participation. «Le peuple a parlé haut et clair. Nous l’avons écouté et nous acceptons», a affirmé le chef de l’Etat lui-même dans la soirée en annonçant que 63% des électeurs s’étaient prononcés contre la réforme à l’issue du dépouillement de 71% des bulletins, et 35% pour. «Nous acceptons la victoire du non et nous félicitons nos adversaires et le peuple panaméen», avait auparavant affirmé le coordonnateur de la campagne officielle en faveur du oui, Mitchell Doens. «C’est le peuple et la démocratie qui ont gagné parce que cette lutte (du pouvoir) était contre le peuple et contre la démocratie», a déclaré pour sa part Mireya Moscoso, présidente de la principale formation d’opposition, le Parti Arnulfiste, (PA, conservateur), du nom du leader populiste Arnulfo Arias, dont elle est la veuve. La victoire du non interdit au chef de l’Etat, secrétaire général du Parti révolutionnaire démocrate (PRD) de se présenter à l’élection présidentielle du 2 mai prochain comme il espérait le faire pour poursuivre, avait-il dit, la modernisation de l’économie du pays. Irrégularités Les électeurs devaient répondre par oui ou par non à la question de savoir s’ils souhaitaient l’abolition des dispositions constitutionnelles interdisant la réélection immédiate d’un président sortant. L’abstention pourrait atteindre 40% des 1,7 million d’inscrits, selon des estimations du PRD. Mireya Moscoso, désignée comme candidate présidentielle par son parti, avait dénoncé certaines irrégularités dans des déclarations à la presse. L’encre indélébile avec laquelle le majeur des électeurs était marqué pour éviter les votes multiples s’effaçait facilement et les transports publics avaient été réduits au minimum, ce qui a empêché une plus grande participation, avait-t-elle notamment affirmé. Le président du tribunal électoral, Eduardo Valdez, a relevé «certaines irrégularités», mais qui ne concerneraient selon lui que «moins de 200 personnes». Le PRD avait appelé à voter oui, tandis que l’opposition avait milité pour le non en dénonçant une tentative pour établir une «dictature civile». M. Pérez, 52 ans, surnommé «le taureau» à cause de sa corpulence et sa réputation de fonceur, avait affirmé n’avoir «aucun désir personnel» de garder le pouvoir, mais vouloir s’assurer que sa politique de modernisation économique soit menée à son terme. Depuis son arrivée au pouvoir, le 1er septembre 1994, le chef de l’Etat a entrepris des réformes radicales de «réajustement économique», notamment en éliminant les protections douanières pour les produits industriels et agricoles locaux, en privatisant les entreprises d’Etat et en abrogeant plusieurs lois de protection sociale. La Coordination nationale d’unité syndicale (CONUSI), qui regroupe 23 organisations ouvrières, avait demandé à la population de déposer un «non ouvrier, patriotique et populaire» dans l’urne «pour freiner les ambitions démesurées d’un président dont le programme économique néolibéral a accru la misère et le chômage». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les électeurs panaméens ont rejeté une réforme de la Constitution qui aurait permis au président social-démocrate Ernesto Pérez de briguer un second mandat, lors d’un référendum qui s’est déroulé dans le calme et a connu un faible taux de participation. «Le peuple a parlé haut et clair. Nous l’avons écouté et nous acceptons», a affirmé le chef de l’Etat lui-même dans la soirée en annonçant que 63% des électeurs s’étaient prononcés contre la réforme à l’issue du dépouillement de 71% des bulletins, et 35% pour. «Nous acceptons la victoire du non et nous félicitons nos adversaires et le peuple panaméen», avait auparavant affirmé le coordonnateur de la campagne officielle en faveur du oui, Mitchell Doens. «C’est le peuple et la démocratie qui ont gagné parce que cette lutte (du pouvoir) était...