Les grandes banques françaises sont toutes engagées en Russie mais beaucoup moins que dans le Sud-Est asiatique, ce qui devrait limiter leurs risques après que les autorités russes aient lâché le rouble et suspendu les remboursements de la dette extérieure. Selon les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques françaises sont engagées dans ce pays dans une proportion quatre fois moins importante que dans la zone du Sud-Est asiatique. La décision des autorités russes de dévaluer le rouble et de suspendre pour 90 jours ses remboursements de crédits étrangers va certes peser sur les banques françaises mais leurs prêts à la Russie ne s’établissaient à fin 1997 qu’à 6,967 milliards de dollars US contre 30,6 mds aux cinq pays asiatiques (Indonésie, Corée, Philippines, Thaïlande, Malaisie). Selon la BRI, le total des prêts bancaires mondiaux à la Russie atteignait à la fin de l’an dernier 72 milliards USD, dont 42% pour les banques allemandes (30,5 mds USD) et 9,8% pour les américaines (7,1 mds USD), les banques françaises n’arrivant qu’en troisième position avec 9,7% du total. Toutes les principales banques françaises ont des engagements en Russie (BNP, Crédit Lyonnais, Société Générale, CCF, Crédit Agricole-Indosuez, Paribas, Natexis...) dans une fourchette allant de 400 millions de dollars à 1 milliard USD, précisait une analyste spécialiste du secteur interrogée lundi. Toutefois, ces positions sont diversement risquées suivant qu’il s’agisse d’engagements sur le marché de la dette publique russe (l’essentiel des crédits de Crédit Agricole-Indosuez notamment) ou d’engagements gagés sur des matières premières (en grande partie ceux du Crédit Lyonnais, par exemple), expliquait-elle. Toutes ces banques devraient passer des provisions dans leurs comptes du premier semestre 1998 qui doivent être arrêtés en septembre. Mais globalement ces risques sont sans commune mesure avec ceux encourus dans la région asiatique, selon cette analyste. La majorité des analystes s’attendent d’ailleurs à de nouvelles provisions des banques françaises pour risque asiatique, ce qui ne devrait pas les empêcher de profiter de la bonne tenue de l’économie française et d’afficher dans l’ensemble des résultats semestriels en progression, estiment-ils. (AFP)
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