Les pressions qui s’exerçaient sur la livre libanaise, sur fond d’inquiétudes suscitées par le projet de la nouvelle échelle des traitements du secteur public, ne se sont guère relâchées la semaine dernière. Malgré le réconfort apporté par les efforts d’apaisement entre les deux chefs du Législatif et du gouvernement pour mettre fin à la polémique suscitée par cette échelle et son financement, l’environnement général restait trop incertain pour que ce seul fait rompe la réserve inquiète de la communauté financière. L’offre du dollar continuait donc de se contracter en dépit du soutien apporté à la livre par les interventions répétées de la Banque du Liban (B.D.L.) en sa faveur ainsi que par le maintien d’un niveau relativement élevé de son loyer, la privilégiant sur toute autre monnaie sous le rapport de la rentabilité. Des raisons contingentes peuvent être évoquées en face d’un tel comportement du marché, notamment la crainte d’approbation de cette échelle sans lui assurer des sources de financement appropriées, compromettant ainsi les efforts de réduction du déficit budgétaire et mettant en péril la stabilité monétaire. Mais plus déterminantes aussi restent assurément les incertitudes politiques liées à l’échéance présidentielle qui commencent d’ores et déjà à inhiber littéralement toutes les initiatives en faveur des placements au Liban. En effet, le «billet vert» devait être négocié toujours au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L., témoignant que la demande continuait à l’emporter sur l’offre. C’est ainsi que le dollar, qui a été ramené d’une semaine à l’autre d’un taux moyen indicatif de 1513,50 à 1513,00 L.L., consécutivement à l’abaissement par la B.D.L. à deux reprises de son taux «symbolique» d’intervention à l’achat de 1507,50 L.L. à 1507,00 L.L. puis à 1506,50 L.L. tout en maintenant son taux réel à la vente à 1519,50 L.L., devait être pratiquement négocié sur le marché interbancaire toute la semaine dernière entre 1518,50 et 1519,50 L.L. quoique dans des volumes d’affaires généralement peu importants. Dollar soutenu par les deux crises russe et asiatique A l’étranger, le dollar a poursuivi son mouvement ascensionnel sur les marchés des changes internationaux la semaine dernière, soutenu par les craintes de dévaluation du rouble russe qui ont pesé lourdement sur le mark allemand et les monnaies qui lui sont attachées en Europe, au moment où les risques de dévaluation du yuan chinois continuent d’affecter la tenue des monnaies asiatiques. Les attaques à la hausse du dollar ont été donc relancées peu après l’annonce, mercredi dernier, par le financier américain George Soros que le taux de change de la monnaie russe devrait être de 15 à 25% inférieur au taux actuel pour refléter la chute des prix du pétrole. Ce mouvement n’a guère pu être renversé par les assurances apportées par le président Boris Eltsine écartant systématiquement l’hypothèse d’une dévaluation du rouble et affirmant qu’il n’y aurait aucune modification dans la politique monétaire de son pays et de la Banque Centrale russe. Plus tôt dans la semaine, l’annonce par le premier ministre japonais, Keizu Obuchi, devant la chambre basse du Parlement que l’économie japonaise plongeait dans un marasme grave et durable, promettant de remettre l’économie sur les rails d’ici un à deux ans, était venue affecter non seulement la tenue du yen mais entraîner des anticipations d’une prochaine dévaluation du yuan chinois dans la mesure que la dépréciation du yen ne cessait de compromettre la compétitivité des produits chinois sur les marchés d’exportation. Toutefois, les interventions de la Banque Centrale chinoise en faveur de sa monnaie conjuguée à une action appropriée des autorités de Hong Kong pour défendre le lien de leur monnaie (le dollar de Hong Kong) avec le «billet vert», ont plus ou moins contribué à un certain rétablissement de la situation sur les places asiatiques. Cela d’autant que les craintes d’une attaque-surprise de la Banque du Japon, après le rebondissement du dollar à plus de 147 yens, devaient contraindre les spéculateurs à suspendre leurs manœuvres contre la devise nippone dès le milieu de la semaine. Dans ce contexte tenu responsable des désordres monétaires des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique, les fondamentaux de l’économie américaine n’ont guère eu de poids dans la détermination de la tendance du dollar pendant cette période. A cet égard, les opérateurs n’ont guère été sensibilisés à la veille du week-end par la multiplication des signes d’affaiblissement de l’économie américaine excluant tout prochain relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis, dont la rechute de 0,6% de la production industrielle le mois dernier contre 1,1% en juin, la diminution du taux d’utilisation des capacités industrielles à 80,5% contre 81,2% et la baisse de 0,4% des ventes de détail contre une hausse de 0,1% pendant la même période, à un moment où l’on apprenait que la productivité aux Etats-Unis s’est décrue de 0,2% au deuxième trimestre contre un accroissement de 32,5% au premier. De plus, l’annonce d’une faible hausse des prix à la production de 0,2% en juillet contre une baisse de 0,1% en juin conjuguée à une diminution des prix à l’importation de 0,9% contre 0,5% et à l’exportation de 0,1% contre 0,6% pendant cette même période, témoignant de l’absence de signes inflationnistes, ne devait en rien compromettre la bonne tenue du dollar à une semaine de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale mardi prochain, qui pourrait opter, contre toute attente, pour un nouveau statu quo monétaire. Ainsi, le dollar a trouvé un grand appui, en tant que monnaie-refuge, dans les craintes liées à l’aggravation de la situation sur les marchés asiatiques et russes, se négociant à la hausse, vendredi dernier, à New York, comme suit : — 1,6190 pour un sterling contre 1,6305 au vendredi 7 août (+0,71%). — 1,8015 D.M. contre 1,7795 (+1,29%). — 6,0385 F.F. contre 5,9650 (+1,23%). — 1,5085 F.S. contre 1,4965 (+0,80%). — 1774,40 lires contre 1755,75 (+1,06%). — 146,35 yens contre 146,15 (+0,14%). Baisse de l’or Les métaux précieux se sont ressentis de la reprise du dollar et de la rechute des prix pétroliers, se négociant à la baisse la semaine dernière sous la pression de ventes bénéficiaires. C’est ainsi que la parité de l’or a clôturé à New York, vendredi dernier, à 283,90 dollars contre 287 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 7 août, en repli de 1,08% en moyenne. En parallèle, l’argent-métal s’est davantage déprécié, fléchissant à New York, vendredi dernier, à 5,15 dollars l’once contre 5,2630 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 7 août, en baisse de 2,15% en moyenne.
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