Le président américain Bill Clinton a consacré de longues heures en week-end à préparer sa déposition de lundi dans l’affaire Lewinsky, cherchant encore apparemment la meilleure façon de témoigner pour garder la confiance des Américains. Lors de son allocution-radio hebdomadaire, il n’a pas fait la moindre allusion à cette déposition historique, point d’orgue du bras de fer qui l’oppose depuis quatre ans au très conservateur procureur indépendant Kenneth Starr. Mais les spéculations font rage sur ce que va faire ou devrait faire lundi M. Clinton, contraint à s’expliquer sur une liaison supposée avec une jeune Californienne, et sur son intention ou non de parler ensuite aux Américains, via un communiqué ou une déclaration télévisée, avant de partir en vacances. Car personne n’en sait rien. «Les gens qui savent ne parlent pas. Ils ne nous parlent pas, ils ne vous parlent pas», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Michael McCurry à la presse. «Nous ne pouvons que spéculer», a-t-il ajouté. La déposition présidentielle, limitée à la journée de lundi, commencera aux environs de 13h (17h GMT) à la Maison-Blanche. M. McCurry a précisé qu’il n’y avait «pas moyen de prédire quand elle se terminerait». M. Clinton sera interrogé sous serment dans la Salle des Cartes, avec concession du procureur, ses avocats privés David Kendall et Nicole Seligman à ses côtés. L’avocat de la Maison-Blanche Charles Ruff sera également présent. Les 23 jurés populaires qui font office de Chambre de mise en accusation suivront en direct la déposition du président, via un circuit vidéo soigneusement protégé pour éviter tout piratage, depuis le tribunal fédéral, à environ un kilomètre de la Maison-Blanche. Ils devraient pouvoir poser des questions par téléphone, via les procureurs. Il n’est pas clair si le procureur indépendant Kenneth Starr conduira lui même l’interrogatoire. La Maison-Blanche n’a pas précisé ce que ferait ensuite M. Clinton, alors que ses conseillers politiques pensent qu’il lui faudra d’une façon ou d’une autre parler au pays. Le plus probable serait une déclaration télévisée, selon le Washington Post, qui n’exclut pas non plus un communiqué présidentiel. Hillary Clinton serait en effet réticente à tout étalage public qui puisse blesser leur fille Chelsea. Même humiliante pour lui, sa femme et Chelsea, la vérité reste, selon les sondages, la meilleure stratégie politique pour M. Clinton. M. Clinton éviterait ainsi de mentir, et pourrait avancer qu’il ne s’était pas parjuré en niant en janvier sous serment, puis en répétant aux Américains, qu’il n’avait pas eu de relations sexuelles avec l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche. Il pourrait aussi selon le quotidien admettre une liaison, refusant cependant d’entrer dans le détail. Mais il contredirait ainsi son engagement à témoigner «complètement et sincèrement». Les Américains y semblent prêts, 56% pensant déjà qu’il ne dira pas toute la vérité, selon un sondage Newsweek. Et selon l’expert de la présidence Allan Lichtman, M. Clinton, à plus de 60% d’opinions favorables, n’en chutera pas pour autant spectaculairement dans les sondages. «Les gens, dit-il, n’en ont pas grand-chose à faire de savoir s’il a eu ou non des relations sexuelles», avec Monica Lewinsky. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président américain Bill Clinton a consacré de longues heures en week-end à préparer sa déposition de lundi dans l’affaire Lewinsky, cherchant encore apparemment la meilleure façon de témoigner pour garder la confiance des Américains. Lors de son allocution-radio hebdomadaire, il n’a pas fait la moindre allusion à cette déposition historique, point d’orgue du bras de fer qui l’oppose depuis quatre ans au très conservateur procureur indépendant Kenneth Starr. Mais les spéculations font rage sur ce que va faire ou devrait faire lundi M. Clinton, contraint à s’expliquer sur une liaison supposée avec une jeune Californienne, et sur son intention ou non de parler ensuite aux Américains, via un communiqué ou une déclaration télévisée, avant de partir en vacances. Car personne n’en sait rien. «Les gens qui...