Seul corps de l’armée de terre française totalement professionnalisé, la Légion étrangère, qui a connu un siècle et demi d’une histoire mouvementée, s’interroge sur son avenir dans le cadre de la restructuration des armées. Cette institution mythique court en effet le risque, selon le général de division Christian Piquemal, patron de la Légion, de la «banalisation et de l’alignement progressif sur le régime général d’une armée entièrement professionnalisée» d’ici 2002. Lors du 25e congrès de la Fédération des sociétés d’anciens de la Légion étrangère (FSALE) à Lille au mois de juin, le général Piquemal a affirmé que la Légion «traverse de fortes turbulences liées à la professionnalisation de l’armée de terre», dans son discours publié dans le dernier numéro de «Képi Blanc», la revue de la Légion. 1998 marque en effet le début de plusieurs changements d’organisation et de structures pour la Légion, «outil précieux et indispensable dans les mains du pouvoir politique, en raison de sa disponibilité immédiate et du professionnalisme de ses personnels», a relevé le général Piquemal. Selon la loi de programmation militaire (1997-2002), la Légion va perdre 800 hommes, soit près de 10% de ses effectifs, alors que l’ensemble de l’armée de terre doit passer de 200.000 à 136.000 hommes. La Légion va également resserrer son dispositif outre-mer avec une perte de 50% de ses effectifs, notamment en Polynésie où elle assurait la protection du site d’essais nucléaires de Mururoa dont le démantèlement vient d’être achevé. La prestigieuse 13e demi-brigade (DBLE), stationnée à Djibouti, va subir également une cure d’amaigrissement. Mais cette diminution des effectifs va paradoxalement s’accompagner de la création d’un nouveau régiment, le seul qui sera créé dans l’armée française d’ici 2002. Ce nouveau régiment (génie) s’installera en 1999 sur le plateau d’Albion libéré par la fermeture du site des missiles stratégiques nucléaires. La Légion va par ailleurs fortement augmenter son taux d’encadrement avec la création de 300 postes de sous-officiers. Enfin, elle commence à accueillir du personnel civil dans ses régiments. Selon le général Piquemal, «des changements peuvent mettre en cause directement notre spécificité». De fait, tout comme les troupes de marine (ex-coloniale), la Légion craint de perdre sa spécialisation outre-mer, gage d’un recrutement de qualité. Dans le cadre de la future armée professionnelle, toutes les unités, qu’elles soient de l’armée régulière ou de la Légion, seront en effet amenées à fournir des compagnies tournantes aussi bien dans l’ex-Yougoslavie, en Afrique, dans les départements et territoires outre-mer qu’en France métropolitaine. L’ancien premier ministre Pierre Messmer, qui clôturait le congrès de Lille, veut également «éviter la banalisation». Pour l’ancien officier de la 13e DBLE à Bir Hakeim, une seule solution: «Continuer à être les meilleurs...». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Seul corps de l’armée de terre française totalement professionnalisé, la Légion étrangère, qui a connu un siècle et demi d’une histoire mouvementée, s’interroge sur son avenir dans le cadre de la restructuration des armées. Cette institution mythique court en effet le risque, selon le général de division Christian Piquemal, patron de la Légion, de la «banalisation et de l’alignement progressif sur le régime général d’une armée entièrement professionnalisée» d’ici 2002. Lors du 25e congrès de la Fédération des sociétés d’anciens de la Légion étrangère (FSALE) à Lille au mois de juin, le général Piquemal a affirmé que la Légion «traverse de fortes turbulences liées à la professionnalisation de l’armée de terre», dans son discours publié dans le dernier numéro de «Képi Blanc», la...