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Actualités - Chronologie

Shopping hors-taxe en cinq minutes

Depuis quelques semaines, un étrange ballet se déroule sur le fleuve Oder, à Gartz (est de l’Allemagne): des hordes de passagers allemands montent à bord de bateaux-mouches, passent en Pologne quelques minutes et reviennent chargés de sacs en plastique. Ils présentent à l’aller comme au retour leur carte d’identité aux gardes-frontières allemands, sont contrôlés par la douane mais ne mettent pas une seule seconde le pied sur le sol polonais. Dans l’intervalle, ils ont eu le temps toutefois d’acheter parfums, alcools et cigarettes hors-taxe (duty free). Il suffit pour cela que le bateau soit sorti momentanément d’Allemagne. En cette période de vacances, une centaine de passagers, doucement bercés par une musique bavaroise, ont pris place sur le pont et dans la salle de restaurant d’une des navettes. Le bateau, parti à 13h20 du petit port de Gartz, glisse paisiblement sur les eaux de l’Oder dans un décor souriant de Poméranie, qui dévoile au passage greniers en briques, basses-cours et vieilles maisons à colombages. A l’étage inférieur du bateau, un véritable supermarché sur eau a déjà ouvert ses portes, avec whisky, vodka et cigarettes en tous genres. Un couple de retraités, en quête de bonnes affaires, se rue sur des pains de beurre australien dont le prix semble défier toute concurrence. Subitement, à 13h50, le bateau s’arrête sur sa lancée et accoste au poste-frontière fluvial de Gryfino. Les clients affairés autour des produits en duty-free sont invités à évacuer les lieux.«Nous n’avons pas le droit de vendre de la marchandise en Pologne», explique une employée du bateau. Des douaniers polonais montent à bord quelques instants et plombent en conséquence les portes du magasin. Prix dérisoire A 14h05, le bateau sillonne de nouveau l’Oder, côté polonais cette fois. Au bout de cinq minutes, il fait déjà demi-tour et revient accoster au poste-frontière. Les douaniers polonais, montés une nouvelle fois à bord, déplombent cette fois le magasin. «Maintenant, vous pouvez y aller», lance l’employée aux passagers attroupés dans l’escalier. A 15h45, tout le monde est de retour au port. Officiellement, le but du voyage est avant tout touristique. «Nous avons voulu restaurer la vieille liaison fluviale entre Mescherin (Allemagne) et Stellin (Szeczin, en Pologne) qui avait disparu après-guerre», explique le chef de la compagnie maritime Adler à Gartz, Siefried Knobesdorf. «Et puis nous y avons associé le duty-free», ajoute-t-il. Avec un prix dérisoire de trois marks (1,70 dollar) pour une heure et demie de promenade en bateau, la compagnie a du mal néanmoins à faire croire qu’elle tire l’essentiel de ses bénéfices du transport fluvial. Les passagers sont eux aussi plutôt discrets sur leurs motivations. «Mes parents viennent de Berlin (distant de 130 kilomètres) toutes les deux semaines pour acheter des cigarettes», confie toutefois Matthias, 17 ans. Comme l’armateur Adler à Gartz, plusieurs compagnies maritimes se sont installées depuis un an le long de l’Oder, qui suit le tracé de la frontière germano-polonaise, pour exploiter le filon du commerce hors-taxe. Habituées aux eaux plus nobles de la mer du Nord et de la Baltique, elles se rabattent sur le fleuve dans la perspective de la suppression du commerce hors-taxe à l’intérieur de l’Union européenne, le 30 juin 1999. A cette date, la Pologne sera pour quelques années encore hors de l’Union européenne. Tous les espoirs restent donc permis sur l’Oder, dont les produits en duty-free peuvent concurrencer sans problèmes ceux des marchés polonais installés de l’autre côté de la frontière. (AFP)
Depuis quelques semaines, un étrange ballet se déroule sur le fleuve Oder, à Gartz (est de l’Allemagne): des hordes de passagers allemands montent à bord de bateaux-mouches, passent en Pologne quelques minutes et reviennent chargés de sacs en plastique. Ils présentent à l’aller comme au retour leur carte d’identité aux gardes-frontières allemands, sont contrôlés par la douane mais ne mettent pas une seule seconde le pied sur le sol polonais. Dans l’intervalle, ils ont eu le temps toutefois d’acheter parfums, alcools et cigarettes hors-taxe (duty free). Il suffit pour cela que le bateau soit sorti momentanément d’Allemagne. En cette période de vacances, une centaine de passagers, doucement bercés par une musique bavaroise, ont pris place sur le pont et dans la salle de restaurant d’une des navettes. Le bateau,...