Le goût croissant des Asiatiques pour le vin au détriment des alcools traditionnels a permis à une petite industrie de se développer et à quelques viticulteurs locaux de se lancer dans la production de vins à partir de cépages européens. Au Japon, la consommation de vin se développe toujours, malgré les difficultés économiques, les Japonais restant attirés par les informations sur les effets bénéfiques du vin rouge sur la santé. Les experts appellent d’ailleurs cette augmentation des ventes en pleine période de récession le second «French Paradox», en référence au phénomène qui permet aux Français, grands consommateurs de vin rouge, de mourir moins souvent de maladies cardio-vasculaires malgré un régime alimentaire riche en graisses. Les vins japonais commencent à percer. Une récente étude du journal japonais «Nihon Keizai Shimbun» a montré que les ventes de vins locaux ont grimpé de 50% lors du premier semestre 1998. C’est malgré tout beaucoup moins que la hausse des importations (près de 220%). L’industrie viticole japonaise reste d’ailleurs embryonnaire. La plupart des produits «made in Japan» sont en fait des mélanges de récoltes locales – la loi n’impose qu’une proportion de 8% minimum – et de vins bon marché importés de Bulgarie ou de Roumanie. A Taiwan, l’Etat, qui détient le monopole sur le tabac et les alcools, produit une sorte de vin rouge et une autre de vin blanc comptant pour environ un quart de la consommation totale. Ces produits locaux, «très populaires» selon un responsable, car trois fois moins chers que leurs équivalents étrangers, sont toutefois loin de couvrir la demande. L’Etat envisage donc d’autoriser l’importation de vins français à partir du mois prochain. Trop chers En Thaïlande, la compagnie CPK International Ltd produit depuis 1995 son propre «Château de Loei». Elle écoule chaque année entre 200.000 et 300.000 bouteilles de blanc – contre un peu moins de 10.000 à ses débuts – et quelque 40.000 bouteilles de rouge. Cette année, une partie de la production a été exportée au Japon. En dehors du Japon, c’est la Chine qui est considérée à terme comme le plus grand marché d’Asie et qui attire les producteurs français et italiens, à la recherche de partenaires sur place. Depuis la fin des années 70 et les débuts de l’ouverture chinoise, plusieurs compagnies européennes ont introduit sur le sol chinois de nouvelles variétés de raisins et des techniques de production. Selon le ministère chinois de l’Agriculture, la production a atteint près de 200.000 tonnes en 1997 et devrait bondir de 50% cette année. Les autorités n’excluent pas pourtant des risques de surproduction, les Chinois n’ayant pas encore l’habitude de boire du vin à table. L’Australie et la Nouvelle-Zélande, où la culture du vin a commencé dès le siècle dernier, bénéficient du boom de la consommation en Asie, surtout depuis le crise économique. Les exportations néo-zélandaises sont passées de moins d’un million de litres en 1985 à environ 13 millions en 1997. En Australie, les exportations, dopées par la dévaluation du dollar australien, ont atteint le chiffre record de 192 millions de bouteilles en 1997-1998 contre 157 millions la saison précédente. «Nous bénéficions d’une croissance remarquable sur le marché japonais et maintenons nos parts de marché à Hong Kong et Singapour», note Brian Croser, président de la fédération des viticulteurs d’Australie, en expliquant que les consommateurs se détournent des vins français, «trop chers». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le goût croissant des Asiatiques pour le vin au détriment des alcools traditionnels a permis à une petite industrie de se développer et à quelques viticulteurs locaux de se lancer dans la production de vins à partir de cépages européens. Au Japon, la consommation de vin se développe toujours, malgré les difficultés économiques, les Japonais restant attirés par les informations sur les effets bénéfiques du vin rouge sur la santé. Les experts appellent d’ailleurs cette augmentation des ventes en pleine période de récession le second «French Paradox», en référence au phénomène qui permet aux Français, grands consommateurs de vin rouge, de mourir moins souvent de maladies cardio-vasculaires malgré un régime alimentaire riche en graisses. Les vins japonais commencent à percer. Une récente étude du journal...