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Actualités - Chronologie

France : les immigrés clandestins se mobilisent pour obtenir leur régularisation

Les immigrés clandestins en France maintiennent la pression, exigeant une régularisation globale de leur situation alors que le gouvernement leur tend la main à la veille du 2e anniversaire de l’occupation symbolique de l’église parisienne de Saint-Bernard par des sans-papiers. Le gouvernement a assoupli en fin de semaine dernière, pour la seconde fois en août, les modalités de réexamen des demandes refusées à l’issue d’une opération exceptionnelle de régularisation des sans-papiers. Lancée par le gouvernement de gauche à son arrivée au pouvoir en juin 1997, l’opération s’est achevée fin mai dernier. Au 31 juillet, sur quelque 142.000 demandes de régularisation déposées fin mai, 75.000 ont été acceptées et 63.000 rejetées, selon le ministère de l’Intérieur. Officiellement, on se refuse à estimer le nombre de dossiers déboutés qui seront repêchés grâce aux nouvelles règles. Celles-ci sont plus clémentes à l’égard des recours invoquant l’état de santé, la durée de mariage des conjoints de Français ou en ce qui concerne le règlement des cas de certains jeunes majeurs. Le gouvernement avait déjà marqué une ouverture à la mi-août, admettant une plus grande tolérance pour certains critères ayant été la cause de nombreux refus: la nature des ressources, la durée et la continuité du séjour, l’acquittement des obligations fiscales, le cas des couples sans enfants et l’existence d’une période en situation régulière. A la faveur de toutes ces mesures, on devrait «rester-en-deçà de 80% de régularisés» (contre 51,4% actuellement), estime Jean-Michel Galabert, président d’une commission consultative sur les recours auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement. Un signal trompeur Les déboutés qui devront quitter le territoire bénéficieront d’aides au retour. M. Chevènement a affirmé en milieu de semaine que «le gouvernement n’a pas changé de politique et il n’entend pas en changer, parce que ce serait donner un signal trompeur que de faire croire que tout étranger présent sur le sol français a un droit imprescriptible à être régularisé». Mais les sans-papiers et les associations qui les soutiennent ne désarment pas et continuent à exiger une régularisation globale, à l’instar des quelque 300 clandestins africains qui avaient occupé à l’été 1996 pendant près de deux mois l’église Saint-Bernard avant d’en être expulsés. «Saint-Bernard est symbolique, on a montré qu’on pouvait obtenir des papiers pour tous», a estimé leur porte-parole, la Sénégalaise Madjiguène Cissé. Les sans-papiers ont multiplié les actions, dont récemment l’occupation de la Nonciature apostolique à Paris, suivant celle d’églises, de temples protestants et même d’une synagogue. En province, 40 clandestins sont toujours installés depuis fin juillet sous le porche d’une église à Orléans (centre), d’autres occupent depuis le 14 mars une annexe d’une église du Havre (ouest). Les immigrés illégaux ont reçu récemment un soutien inattendu de l’ancien ministre de l’Intérieur de droite Charles Pasqua demandant au gouvernement de régulariser tous les étrangers qui en avaient fait la demande. Mais sa prise de position a été jugée «irresponsable», tant à droite qu’à gauche. Les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, retrouvent régulièrement dans leurs dossiers le serpent de mer de l’immigration en France, qui compte 4,2 millions d’étrangers installés légalement pour 60 millions d’habitants. Le nombre de clandestins est estimé entre 300 et 500.000. (AFP - Reuters)
Les immigrés clandestins en France maintiennent la pression, exigeant une régularisation globale de leur situation alors que le gouvernement leur tend la main à la veille du 2e anniversaire de l’occupation symbolique de l’église parisienne de Saint-Bernard par des sans-papiers. Le gouvernement a assoupli en fin de semaine dernière, pour la seconde fois en août, les modalités de réexamen des demandes refusées à l’issue d’une opération exceptionnelle de régularisation des sans-papiers. Lancée par le gouvernement de gauche à son arrivée au pouvoir en juin 1997, l’opération s’est achevée fin mai dernier. Au 31 juillet, sur quelque 142.000 demandes de régularisation déposées fin mai, 75.000 ont été acceptées et 63.000 rejetées, selon le ministère de l’Intérieur. Officiellement, on se refuse à...