La cour d’honneur militaire enquêtant sur la responsabilité du général Prabowo, gendre du président Suharto, dans les enlèvements et tortures d’opposants politiques en Indonésie, a laissé ouverte la question de l’implication éventuelle d’autres officiers plus hauts placés dans la hiérarchie. Le général Subagyo, chef d’état-major de l’armée et présidant la cour, a déclaré que le général Prabowo Subianto, ancien commandant en chef des redoutées forces spéciales indonésiennes (Kopassus) avait mal interprété un ordre venant de ses supérieurs. «Il y a eu erreur dans l’analyse (de l’ordre) et il en est découlé une erreur dans l’exécution», a déclaré le général Subagyo, ajoutant que Prabowo «avait admis qu’il y avait eu une erreur et qu’il en prenait la responsabilité». Les faits qu’examine la cour d’honneur, et pour lesquels 7 officiers et 3 sous-officiers des Kopassus doivent passer en cour martiale, sont l’enlèvement et la torture d’activistes politiques opposés au régime de Suharto. Au moins 24 personnes ont été enlevées et, à ce jour, neuf seulement ont été retrouvées. Cette affaire intervient aussi alors que les accusations contre les actions des forces spéciales indonésiennes — enlèvements, tortures et exécutions sommaires notamment — dans leurs différents théâtre d’opérations — en Irian Jaya, à Aceh et au Timor oriental, entre autres — se multiplient et se précisent. L’éventualité que les forces spéciales — ou des éléments de la pègre qu’elles passent pour contrôler — aient joué un rôle dans les émeutes et les violences dirigées contre la communauté indonésienne d’origine chinoise à la mi-mai à Djakarta est également de plus en plus ouvertement abordée, y compris dans la presse locale. Si le général Subagyo a bien mentionné que Prabowo avait reçu un ordre qui l’avait amené à faire procéder aux enlèvements, il s’est refusé à indiquer qui avait donné cet ordre et quels en étaient les termes. Le général a cependant indiqué qu’il ne venait pas du commandant en chef, qui était alors le général Feisal Tanjung, actuellement ministre coordonnateur de la Politique et de la Sécurité, protocolairement le «numéro un» du cabinet du président Jusuf Habibie. Il a également affirmé qu’il ne venait pas du président Suharto, constitutionnellement le chef suprême des armées. M. Hasnan Habib, général à la retraite, écrit dans le quotidien «Merdeka» que «l’ordre ne pouvait pas avoir été donné par quelqu’un de rang seulement égal au général Prabowo, mais venait nécessairement de plus haut». Pour lui donc, même si Prabowo est coupable d’avoir mal interprété un ordre, son supérieur direct — le commandant militaire de Djakarta — «partage la responsabilité». A l’époque, le commandant militaire de la capitale, l’une des plus importantes positions de l’armée, était le général Syafrie Syamsuddin. Le général Syafrie a été nommé membre de l’Assemblée du peuple, la plus haute instance de l’Indonésie, à un siège faisant partie du «quota» (de 75) accordé aux forces armées. La responsabilité des forces spéciales dans les enlèvements a déjà été reconnue par le commandant en chef et ministre de la Défense, le général Wiranto. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La cour d’honneur militaire enquêtant sur la responsabilité du général Prabowo, gendre du président Suharto, dans les enlèvements et tortures d’opposants politiques en Indonésie, a laissé ouverte la question de l’implication éventuelle d’autres officiers plus hauts placés dans la hiérarchie. Le général Subagyo, chef d’état-major de l’armée et présidant la cour, a déclaré que le général Prabowo Subianto, ancien commandant en chef des redoutées forces spéciales indonésiennes (Kopassus) avait mal interprété un ordre venant de ses supérieurs. «Il y a eu erreur dans l’analyse (de l’ordre) et il en est découlé une erreur dans l’exécution», a déclaré le général Subagyo, ajoutant que Prabowo «avait admis qu’il y avait eu une erreur et qu’il en prenait la responsabilité». Les faits...