Le parlement jordanien adopte une loi controversée sur la presse
le 11 août 1998 à 00h00
La Chambre des députés du Parlement jordanien a adopté, après amendements, un projet de loi sur la presse qui suscitait toujours les critiques de la presse hier. Après plusieurs jours de débats, le projet de loi a été adopté dimanche par 38 voix pour et 10 contre. Néanmoins 14 députés ont quitté la séance pour protester contre la légitimité de la procédure. Ces députés se sont élevés contre la répétition du vote d’un article, qui avait acquis la majorité pour son amendement puis avait été voté à nouveau pour annuler la décision d’amendement, indique la presse jordanienne. Le projet doit encore être approuvé par le sénat. Le texte original, qui avait soulevé un tollé général, a été revu par une commission parlementaire qui a modifié quelques articles pour notamment réduire les amendes aux journalistes en infraction et éliminer la compétence du tribunal pouvant emprisonner les journalistes. La commission a également revu à la baisse le capital exigé pour autoriser les publications et qui avait suscité une controverse sur son caractère rédhibitoire. Toutefois, les députés ont voté un article interdisant la couverture des enquêtes et des procès criminels. Un code de la presse promulgué en 1997 sur la base d’une loi provisoire avait provoqué la fermeture de 13 hebdomadaires. Il avait été abrogé en janvier dernier par la Cour suprême qui l’avait jugé «anticonstitutionnel». Un membre du syndicat des journalistes Nabil Ghichane a qualifié le texte voté de «très oppressif», alors qu’un autre rédacteur a surtout critiqué la formulation jugée «vague» de plusieurs articles. «Nous allons dépendre entièrement de l’interprétation du texte de cette loi», a dit le journaliste ayant requis l’anonymat. Pour le quotidien anglophone Jordan Times, la nouvelle loi critiquée par les organisations internationales des droits de l’homme, pourrait tuer à la longue les enquêtes journalistiques. Une association américaine de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch, avait dénoncé en juin ce projet de loi et appelé le Parlement «à le réviser». Le premier ministre jordanien, Abdel Salam Majali, a été classé, en avril dernier, dixième «pire ennemi de la presse dans le monde» par le Comité pour la protection des journalistes basé aux Etats-Unis. (AFP)
La Chambre des députés du Parlement jordanien a adopté, après amendements, un projet de loi sur la presse qui suscitait toujours les critiques de la presse hier. Après plusieurs jours de débats, le projet de loi a été adopté dimanche par 38 voix pour et 10 contre. Néanmoins 14 députés ont quitté la séance pour protester contre la légitimité de la procédure. Ces députés se sont élevés contre la répétition du vote d’un article, qui avait acquis la majorité pour son amendement puis avait été voté à nouveau pour annuler la décision d’amendement, indique la presse jordanienne. Le projet doit encore être approuvé par le sénat. Le texte original, qui avait soulevé un tollé général, a été revu par une commission parlementaire qui a modifié quelques articles pour notamment réduire les amendes aux...
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