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Actualités - Reportage

Nouveau musée Khonchara : la presse du diacre enfin revisitée ... (photos)

Dans les hauteurs du Metn, le monastère Saint-Jean Baptiste de Khonchara abrite, comme on sait, la plus ancienne imprimerie à caractères arabes du Liban et du Moyen-Orient. Cette presse en bois, datant de 1733, a été conçue et fabriquée par le diacre Abdallah Zakher, à la fois orfèvre, homme de foi et d’érudition. Aujourd’hui, deux cent cinquante ans après son décès, la Direction générale des Antiquités en collaboration avec les ministères du Tourisme et de la Culture, vient d’inaugurer — dans les locaux d’origine soigneusement retapés — un musée dédié à l’imprimerie du diacre. Question antériorité, il existe une polémique mettant en compétition cette presse et celle du couvent Saint-Antoine Ishaya, dans la vallée de la Khadisha. Cette dernière, installée par les moines maronites en 1610, remonte plus loin dans le temps, mais les caractères utilisés étaient syriaques, non arabes. Pour renvoyer dos à dos les polémistes, on peut donc estimer que chacune de ces deux presses est pionnière dans son alphabet. Ce qui rend celle de Khonchara intéressante, c’est la parfaite conservation de l’intégralité de ses éléments. Exposés aujourd’hui dans des vitrines sous verre, les tampons en bois, les plaquettes d’interlignes en cuivre, les caractères (alliage de plomb, d’antimoine et d’étain), les phrases gravées sur des vignettes à l’envers, les poinçons, les matrices et les palettes de bois témoignent de l’habilité et de la patience de Abdallah Zakher, qui «a tout fabriqué de ses propres mains pour monter son imprimerie», indique le Frère Johnny, guide du musée. Quatre salles, qui permettent la reconstitution des différentes étapes de l’impression au XVIIIe siècle, se succèdent: l’atelier de gravure, l’atelier de composition, l’atelier de fonte des caractères et de préparation des encres et enfin l’atelier de couture et de reliure. «La fabrication des chiffres et des lettres passait alors par trois étapes. Ils étaient d’abord dessinés sur une plaque d’acier qui sert à graver les poinçons, puis on fabriquait les matrices, c’est-à-dire les moules à reproduction et on y coulait le mélange de plomb (64%), d’antimoine (30%) et d’étain (6%) pour obtenir les caractères». C’est en assemblant à la main les caractères, ou les mots gravés en entier lorsqu’ils reviennent fréquemment, sur des palettes de bois que l’on formait une page. On aspergeait le tout d’encre, (fabriquée par pression dans une meule d’herbes au jus bouilli au feu), on plaçait la feuille de papier sur les caractères et on passait le tout sous la presse en bois, à levier manuel. Les pages étaient ensuite cousues et l’ouvrage relié. «La page prenait plusieurs heures de travail et l’impression d’un ouvrage, en plusieurs exemplaires, de longs mois», souligne Frère Johnny. Le premier livre imprimé au monastère Saint-Jean Baptiste en 1734 fut «La Balance du Temps». Il est conservé dans une des pièces du musée, parmi d’autres livres religieux, philosophiques et historiques imprimés sur la presse de Zakher. Celle-ci fonctionna en solo jusqu’en 1868, date de l’acquisition d’une presse «Stanhope», beaucoup plus élaborée. Et ce n’est qu’en 1899, qu’elle cessa définitivement de fonctionner, dépassée par les machines modernes et la concurrence des ouvrages étrangers. Il n’en reste pas moins qu’elle fut longtemps un instrument de diffusion du savoir et de propagation de la foi...
Dans les hauteurs du Metn, le monastère Saint-Jean Baptiste de Khonchara abrite, comme on sait, la plus ancienne imprimerie à caractères arabes du Liban et du Moyen-Orient. Cette presse en bois, datant de 1733, a été conçue et fabriquée par le diacre Abdallah Zakher, à la fois orfèvre, homme de foi et d’érudition. Aujourd’hui, deux cent cinquante ans après son décès, la Direction générale des Antiquités en collaboration avec les ministères du Tourisme et de la Culture, vient d’inaugurer — dans les locaux d’origine soigneusement retapés — un musée dédié à l’imprimerie du diacre. Question antériorité, il existe une polémique mettant en compétition cette presse et celle du couvent Saint-Antoine Ishaya, dans la vallée de la Khadisha. Cette dernière, installée par les moines maronites en 1610,...