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Actualités - Chronologie

Le contrôle du Kivu, un enjeu vital pour le régime rwandais

Le contrôle du Kivu, dans l’extrême est de la République démocratique du Congo, constitue un enjeu capital pour la sécurité du régime rwandais, même si Kigali se défend d’être impliqué dans la nouvelle rébellion qui a éclaté dans cette région. L’un des grands dangers qui menace le Front patriotique rwandais (FPR, ancienne rébellion tutsie) au pouvoir à Kigali, vient en effet des hauts plateaux du Kivu, qui ont offert une base de repli des extrémistes hutus après le génocide de 1994. La rébellion hutue, très active dans le nord du Rwanda, n’a pas été chassée de l’est de la RDC, malgré le démantèlement, à l’automne 1996, des gigantesques camps de réfugiés rwandais à la frontière rwando-zaïroise. Situé loin de Kinshasa, le Kivu offre également une base arrière aux mouvements de rébellion ougandais et à la rébellion hutue burundaise. Le président ougandais Yoweri Museveni et la junte militaire tutsie burundaise ont donc un intérêt commun avec l’homme fort du Rwanda, le major Paul Kagame, à contrôler, directement ou indirectement, cette région traditionnellement instable habitée par des tribus très diverses. Outre l’aspect sécuritaire, des raisons ethniques et démographiques pourraient également expliquer un soutien militaire de Kigali à la rébellion dans l’est de la RDC. Manque de terre Le régime tutsi du major Paul Kagame, soutenu notamment par l’Ouganda, dispose d’un relais au Kivu, avec les Banyamulenge, ces pasteurs tutsis vivant depuis plusieurs centaines d’années dans la région, dont le nombre est estimé entre 250.000 et 400.000 En outre, les plateaux fertiles du Kivu offrent une région d’immigration de choix pour les paysans rwandais en manque de terres. Avec près de 7 millions d’habitants pour 26.000 kilomètres carrés, le Rwanda est en effet l’un des pays à plus forte densité de population au monde. En 1997, le Rwanda avait dans un premier temps nié avoir soutenu la rébellion de Laurent-Désiré Kabila contre le maréchal Mobutu Sese Seko, allié de l’ancien régime hutu à Kigali. Puis le major Kagamé avait reconnu la présence de 3.500 militaires rwandais aux côtés des Banyamulenge qui constituaient le noyau de la rébellion du président Kabila. En juillet 1997, dans un entretien avec le «Washington Post», il avait même affirmé que le Rwanda avait planifié et dirigé la rébellion zaïroise pour faire tomber le régime de Mobutu. Les relations entre Laurent-Désiré Kabila et ses «parrains», le major Kagamé et le président ougandais Yoweri Museveni se sont peu à peu dégradées. Le 27 juillet 1998, le président congolais a mis fin «à la présence de militaires étrangers» en RDC, officialisant sa rupture avec ses alliés militaires rwandais et ougandais et provoquant l’inquiétude des Banyamulenge — citoyens congolais mais considérés comme des Rwandais par le reste de la population de la RDC. Crise interne Le gouvernement de la RDC a accusé le Rwanda d’«agression» et annoncé une «riposte énergique». Selon Kinshasa, 400 soldats rwandais ont pénétré dans le territoire congolais par la ville de Goma, chef-lieu de la région du Nord-Kivu, d’où ils se sont emparés d’un avion de Congo Airlines (privée), qui s’est posé à Kitona, dans le sud-ouest de la RDC, où se trouve une importante base militaire. Le gouvernement rwandais a nié toute implication dans la crise en RDC. «La crise qui sévit actuellement à Kinshasa et dans l’est de la RDC est purement interne et le Rwanda n’y est pas impliqué de quelque manière que ce soit», selon le ministre rwandais des Affaires étrangères, Anastase Gasana.(AFP)
Le contrôle du Kivu, dans l’extrême est de la République démocratique du Congo, constitue un enjeu capital pour la sécurité du régime rwandais, même si Kigali se défend d’être impliqué dans la nouvelle rébellion qui a éclaté dans cette région. L’un des grands dangers qui menace le Front patriotique rwandais (FPR, ancienne rébellion tutsie) au pouvoir à Kigali, vient en effet des hauts plateaux du Kivu, qui ont offert une base de repli des extrémistes hutus après le génocide de 1994. La rébellion hutue, très active dans le nord du Rwanda, n’a pas été chassée de l’est de la RDC, malgré le démantèlement, à l’automne 1996, des gigantesques camps de réfugiés rwandais à la frontière rwando-zaïroise. Situé loin de Kinshasa, le Kivu offre également une base arrière aux mouvements de rébellion...