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Actualités - Chronologie

L'affaire Lewinsky : de la Maison-Blanche au Congrès (photo)

L’affaire Lewinsky, du nom de la jeune femme qui aurait entretenu une liaison avec le président Clinton, est partie il y a six mois de la Maison-Blanche, où tout a commencé, et semble inexorablement s’orienter vers le Capitole, où tout pourrait s’achever. C’est au Congrès, en dernier ressort, que les législateurs pourraient avoir à se prononcer sur la destitution du président si la justice américaine représentée par le procureur indépendant Kenneth Starr, décide de leur remettre un rapport sur ce scandale politico-sexuel. M. Starr entendra Bill Clinton le 17 août et Monica Lewinsky a promis jeudi de dire toute la vérité à la Chambre de mise en accusation en échange d’une immunité judiciaire. S’il parvient à réunir suffisamment de preuves crédibles — non tant sur la liaison présumée, mais sur d’éventuels efforts de la présidence pour mentir à la justice — M. Starr sera amené à soumettre un rapport au Congrès, seul habilité à statuer sur la culpabilité du chef de l’Etat. Un tel rapport irait en premier lieu à la Chambre des représentants, qui demanderait à la commission judiciaire de l’étudier et de se prononcer sur un possible suivi. Si la Chambre trouvait alors que le président devait répondre de «crimes», ce serait au Sénat de juger l’affaire sous la direction du président de la Cour suprême. Une procédure en destitution est particulièrement rare et n’a été initiée qu’une soixantaine de fois dans l’histoire des Etats-Unis, la plupart du temps contre des juges nommés à vie. La procédure n’a été utilisée qu’une seule fois, en 1868, contre un président, Andrew Johnson. Et ce dernier a échappé à la destitution par une voix lors du vote au Sénat. Richard Nixon, pris dans l’affaire du Watergate, avait démissionné avant que la Chambre n’entame la procédure. «Guerre et Paix» Le président républicain de la commission judiciaire à la Chambre, Henry Hyde, s’est inquiété des complications possibles que présenterait un rapport volumineux du juge Starr, semblable au roman «Guerre et Paix». La question est de savoir si la Chambre «peut examiner en détail un tel rapport et juger de sa valeur» avant les élections législatives de novembre, a estimé pour sa part Vic Fazio, un démocrate de Californie. Et après les élections, «il me semble qu’un Congrès canard boîteux ne pourra pas s’occuper de cette affaire», a-t-il ajouté. Le prochain Congrès ne se réunira qu’en janvier. Barney Frank, un démocrate membre de la commission judiciaire, a lui aussi estimé que la Chambre n’aurait pas le temps de s’occuper d’une telle affaire avant les élections. Et si un rapport était remis d’ici là à la Chambre, cela noyerait complétement le débat électoral. Charles Canady, un républicain de Floride lui aussi membre de la commission, a estimé que le Congrès actuel aurait la «responsabilité» d’examiner un rapport et «de porter un jugement sur son contenu». «Personne ne se réjouit à l’idée d’avoir à être confrontée à une telle affaire», selon M. Canady, pour qui «ce serait un jour triste pour le pays si nous recevons un tel rapport». Selon un sondage réalisé pour le quotidien «Wall Street Journal» et la télévision NBC, 45% des Américains seraient favorables à l’ouverture par la Chambre d’une procédure en destitution s’il s’avère que le président a menti à la justice. Ce chiffre est en légère augmentation par rapport à juin, lorsque 39% des Américains estimaient que cela puisse être nécessaire. Dans cette ville haute en symboles, la progression géographique de l’affaire tient d’ailleurs quasiment de la ligne droite — remontant Pennsylvania Avenue, l’artère qui passe devant la Maison-Blanche, puis devant le tribunal où siège la Chambre de mise en accusation, qui entend les témoins, et enfin devant le Congrès que contrôlent les républicains. (AFP)
L’affaire Lewinsky, du nom de la jeune femme qui aurait entretenu une liaison avec le président Clinton, est partie il y a six mois de la Maison-Blanche, où tout a commencé, et semble inexorablement s’orienter vers le Capitole, où tout pourrait s’achever. C’est au Congrès, en dernier ressort, que les législateurs pourraient avoir à se prononcer sur la destitution du président si la justice américaine représentée par le procureur indépendant Kenneth Starr, décide de leur remettre un rapport sur ce scandale politico-sexuel. M. Starr entendra Bill Clinton le 17 août et Monica Lewinsky a promis jeudi de dire toute la vérité à la Chambre de mise en accusation en échange d’une immunité judiciaire. S’il parvient à réunir suffisamment de preuves crédibles — non tant sur la liaison présumée, mais sur...