Les efforts des Occidentaux pour imposer la paix dans les Balkans seront mis à l’épreuve dans un peu plus d’un mois en Bosnie-Herzégovine, lors des deuxièmes élections générales depuis la fin de la guerre. Ce scrutin des 12 et 13 septembre décidera du renouvellement de toutes les positions-clés du pouvoir politique, depuis la présidence tripartite jusqu’aux Parlements des deux entités qui forment la Bosnie, croato-musulmane et serbe. Deux millions de personnes pourront voter en Bosnie, ainsi que 500.000 réfugiés qui vivent encore à l’étranger depuis la guerre (1992-95), a annoncé l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargée d’organiser le scrutin. «Les élections vont être un nouveau pas vers la démocratisation», espère le haut représentant de la communauté internationale en Bosnie, Carlos Westendorp, chargé de mettre en œuvre les aspects civils de l’accord de paix de Dayton. «Elles ne vont pas changer de façon spectaculaire le panorama politique, mais au moins, sans aucun doute, le pluralisme va augmenter», estime M. Westendorp. Les chefs de file nationalistes arriveront évidemment en bonne place sur les bulletins de vote. Parmi eux, les trois membres actuels de la présidence fédérale: le musulman Alija Izetbegovic, le Serbe Momcilo Krajisnik et le Croate Kresimir Zubak. Mais les socio-démocrates, ouvertement soutenus par la communauté internationale, pourraient marquer des points si les électeurs décident que ce sont les problèmes de leur vie de tous les jours, et non les questions d’identité ethnique, qui comptent le plus, estiment des diplomates. Eté actif Pour les Bosniaques, dont la culture politique reste marquée par l’époque communiste yougoslave, les scrutins se succèdent: celui de septembre sera le troisième depuis la fin de la guerre, fin 1995, après les élections générales de 96 et municipales de 97. En surface, beaucoup de choses ont changé. Sarajevo surtout connaît un été plein d’activités. Ses rues de nouveau embouteillées, ses cafés pleins, la ville oublie les 43 mois de siège par les forces serbes. Dans tout le pays, musulmans, Serbes ou Croates circulent plus librement sur les territoires des autres communautés, après l’introduction d’un nouveau système unique d’immatriculation des voitures. Une monnaie commune, le mark convertible, à parité avec le mark allemand, fait ses débuts, alors que l’économie se remet en marche – avec les milliards de dollars de l’aide internationale. Pourtant, les tensions persistent dans de nombreux endroits, malgré le maintien de quelque 30.000 soldats de la Force de stabilisation de l’OTAN. Dans le sud, à domination croate, les maisons des musulmans sont régulièrement détruites à l’explosif, pour dissuader leurs occupants de revenir. Le centre connaît aussi son lot de violences: la semaine dernière, un policier croate a été tué dans un attentat à la voiture piègée, et une église catholique endommagée par une autre bombe. En Republika Srpska (serbe), les autorités municipales de la capitale Banja Luka, qui avaient déjà empêché la reconstruction d’une mosquée, ont provoqué la colère de la petite communauté musulmane en interdisant les funérailles du mufti local. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les efforts des Occidentaux pour imposer la paix dans les Balkans seront mis à l’épreuve dans un peu plus d’un mois en Bosnie-Herzégovine, lors des deuxièmes élections générales depuis la fin de la guerre. Ce scrutin des 12 et 13 septembre décidera du renouvellement de toutes les positions-clés du pouvoir politique, depuis la présidence tripartite jusqu’aux Parlements des deux entités qui forment la Bosnie, croato-musulmane et serbe. Deux millions de personnes pourront voter en Bosnie, ainsi que 500.000 réfugiés qui vivent encore à l’étranger depuis la guerre (1992-95), a annoncé l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargée d’organiser le scrutin. «Les élections vont être un nouveau pas vers la démocratisation», espère le haut représentant de la communauté...