Bagdad appelle l'ONU à mettre un terme au travail de l'UNSCOM
le 08 août 1998 à 00h00
L’Irak a appelé vendredi le Conseil de sécurité à contraindre la Commission spéciale chargée de la désarmer (UNSCOM) de mettre un terme à sa mission afin de pouvoir lever l’embargo pétrolier. «Le Conseil de sécurité et la communauté internationale ont la responsabilité morale d’obliger l’UNSCOM à mettre un terme à sa mission qui a trop duré sans raison», écrit le journal «al-Irak». «Si l’UNSCOM avait fouillé la terre entière au cours des sept dernières années, elle aurait achevé son travail», ajoute-t-il. «La mission de l’UNSCOM est devenue de donner des informations à la Maison Blanche, à la CIA et au Mossad (services de renseignements israéliens) dans l’espoir de provoquer une escalade afin de frapper l’Irak», ajoute le journal. L’Irak avait décidé mercredi de ne plus coopérer avec l’UNSCOM tant que la composition de cette instance n’aura pas été modifiée et son siège transféré de New York à Vienne ou Genève loin de l’influence des Etats-Unis. Le Conseil de sécurité de l’ONU a estimé jeudi «totalement inacceptable» la décision de Bagdad. «Al-Irak» appelle par ailleurs à la tenue d’un sommet arabe «consacré aux nouvelles menaces dont fait l’objet l’Irak» et demande à la Ligue arabe «d’adopter une position ferme et claire aux côtés de l’Irak». De son côté, le journal «as-Saoura» affirme que «l’Irak a coopéré avec l’UNSCOM au cours des sept années passées et a subi avec patience toutes ses provocations afin de parvenir à la levée de l’embargo», mais qu’il est «parvenu à la conclusion que l’UNSCOM est déterminée à ne pas achever son travail et que Washington veut perpétuer indéfiniment l’embargo». «L’Irak est déterminé cette fois-ci à obtenir tous ses droits sans délai et sans nouvelles promesses et le Conseil de sécurité doit réaliser que son attitude cette fois-ci peut lui restituer sa crédibilité et esquisser une nouvelle relation avec l’Irak qui refuse d’être une victime de l’oppression plus longtemps», affirme-t-il. Entre-temps, deux équipes d’experts se sont rendues sur des sites surveillés par l’UNSCOM. Les équipes ont quitté le siège de l’UNSCOM à Bagdad à bord de quatre voitures frappées du sigle de l’ONU, escortés par des accompagnateurs irakiens. A Vienne, l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) s’est réunie pour faire le point de la situation. «Les Irakiens nous ont informés oralement qu’ils ne coopéreront pas si nous souhaitons aller sur de nouveaux sites, qui ne figurent pas sur la liste convenue», a indiqué le porte-parole de l’AIEA David Kyd, qualifiant cette décision d«inacceptable». «Ils nous signifient que nous n’allons plus pouvoir inspecter de nouveaux sites et cela est en soi inacceptable», selon M. Kyd. «La restriction des activités de contrôle sur les sites est en contradiction avec le droit d’accès dont nous disposons. Cela nous gênerait dans la réalisation de notre mandat reçu du Conseil de Sécurité des Nations Unies», a ajouté M. Kyd. Le porte-parole a par ailleurs démenti que l’AIEA ait annulé une inspection. «Nous avons conduit nos inspections sans problème», a-t-il indiqué, se disant «stupéfait» des propos d’un responsable de l’UNSCOM, Gustavo Flauvinen, qui avait indiqué jeudi que l’Irak n’avait bloqué aucune inspection mais que l’AIEA avait renoncé de son propre chef à une inspection sur un site susceptible d’abriter des recherches nucléaires interdites pour éviter toute confrontation avec les autorités de Bagdad.
L’Irak a appelé vendredi le Conseil de sécurité à contraindre la Commission spéciale chargée de la désarmer (UNSCOM) de mettre un terme à sa mission afin de pouvoir lever l’embargo pétrolier. «Le Conseil de sécurité et la communauté internationale ont la responsabilité morale d’obliger l’UNSCOM à mettre un terme à sa mission qui a trop duré sans raison», écrit le journal «al-Irak». «Si l’UNSCOM avait fouillé la terre entière au cours des sept dernières années, elle aurait achevé son travail», ajoute-t-il. «La mission de l’UNSCOM est devenue de donner des informations à la Maison Blanche, à la CIA et au Mossad (services de renseignements israéliens) dans l’espoir de provoquer une escalade afin de frapper l’Irak», ajoute le journal. L’Irak avait décidé mercredi de ne plus coopérer avec...
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