Les taliban se sont attelés hier à la consolidation de leurs positions autour de Mazar-i-Sharif, le dernier bastion de l’opposition armée afghane qu’ils ont pris en tenailles, tout en appelant leurs adversaires à «se rendre». L’agence afghane d’information AIP (Afghan Islamic Press), basée au Pakistan, a fait état mercredi de violents combats dans une localité proche de Mazar-i-Sharif, mais aucune confirmation de cette information n’a pu être obtenue. Selon cette agence, des forces favorables aux taliban ont lancé une offensive avec des chars et de l’artillerie sur Daulatabad, à 50 kilomètres au sud-est de Mazar-i-Sharif. Des avions de la milice fondamentaliste ont également procédé à des bombardements, a rapporté AIP. L’atmosphère à Mazar-i-Sharif elle-même était plus calme que les jours précédents car l’assaut général des taliban, tant redouté par la population, n’avait toujours pas été déclenché, ont fait savoir des sources n’appartenant à aucun des deux camps en présence dans cette région de l’extrême nord de l’Afghanistan. Des milliers d’habitants de la cité ont toutefois préféré prendre la fuite en ce début de semaine, tandis que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en a évacué mardi les derniers étrangers encore présents travaillant dans l’action humanitaire. Les taliban paraissaient, de leur côté, concentrer leurs efforts sur la consolidation de leurs positions dans les zones qu’ils ont très récemment conquises aux environs de la ville. Des responsables de l’opposition armée affirmaient, quant à eux, être en train de préparer une contre-offensive. «Les taliban sont faibles à l’arrière et ont trop dispersé leurs forces, comme par le passé», a estimé un chef militaire de la coalition anti-taliban, Sher Arab, joint au téléphone. Les lignes de front se trouvent depuis la fin de la semaine dernière à une centaine de kilomètres à l’ouest et à l’est de Mazar-i-Sharif. Dimanche, les taliban s’étaient emparés de Sheberghan, une base militaire à 120 km à l’ouest de la grande ville du nord, et, mardi, ils ont tenté à nouveau avancer, toujours en direction de Mazar-i-Sharif, qu’ils cherchent à encercler. Abdul Hai Mutmaen, porte-parole de la milice fondamentaliste au pouvoir depuis septembre 1996 à Kaboul et qui contrôle les deux tiers du pays, a, pour sa part, déclaré mercredi qu’il n’y aurait aucun compromis avec les dirigeants de l’opposition armée. «Dans les circonstances actuelles, nous n’avons pas l’intention de conclure un accord avec qui que ce soit», a-t-il poursuivi, une façon de souligner que les taliban feraient la conquête par les armes des régions septentrionales échappant à leur administration. Le porte-parole a assuré que les taliban n’accepteraient rien d’autre de leurs adversaires qu’une «totale soumission» et les a exhortés à «se rendre». (AFP, Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les taliban se sont attelés hier à la consolidation de leurs positions autour de Mazar-i-Sharif, le dernier bastion de l’opposition armée afghane qu’ils ont pris en tenailles, tout en appelant leurs adversaires à «se rendre». L’agence afghane d’information AIP (Afghan Islamic Press), basée au Pakistan, a fait état mercredi de violents combats dans une localité proche de Mazar-i-Sharif, mais aucune confirmation de cette information n’a pu être obtenue. Selon cette agence, des forces favorables aux taliban ont lancé une offensive avec des chars et de l’artillerie sur Daulatabad, à 50 kilomètres au sud-est de Mazar-i-Sharif. Des avions de la milice fondamentaliste ont également procédé à des bombardements, a rapporté AIP. L’atmosphère à Mazar-i-Sharif elle-même était plus calme que les jours précédents...